Merkel-Steinbrück, math nul, commentaient dimanche soir les experts comme après les match de foot, à peine le duel terminé, comptantles points marqués et perdus. Selon les sondages immédiats de la première chaîne ARD auprès des téléspectateurs, Steinbrück était même donné gagnant par les téléspectateurs avec 49% contre 43% pour Merkel. Surtout il avait surpris "positivement", 60% d'entre eux.

Sa prestation au cours du seul duel télévisé de la campagne redonne même espoir au SPD, selon le « Süddeutsche Zeitung  http://www.sueddeutsche.de/politik/steinbruecks-auftritt-im-tv-duell-da-geht-noch-was-nur-was-1.1760967. « Les camarades croient à nouveau qu'il vaut la peine de se battre dans la campagne. »

Steinbrück, tendu, il avait le premier la parole, a réussid'entrée de jeu à accrocher Merkel sur la justice sociale, « sept millions de personnes en Allemagne gagnent moins de 8,5 euros l'heure, asséna-t-il. « Je veux que chacun puisse vivre de son travail ». Moi aussi du ré-affirmer la chancelière, qui venait pourtant de dépeindre une Allemagne, « moteur économique de la croissance » dans laquelle « le taux d'emploi n'a jamais été aussi élevé».

Piquée, la chancelière contre-attaqua aussitôt sur les « nouveaux impôts » que Steinbrück veut lever s'il est élu. « Nous voulons seulement en augmenter certains  pour investir dans les crèches, les écoles, les infrastructures », répliqua Steinbrück, soulignant qu'il visait uniquement les plus favorisés, avant de relancer la balle sur l'Europe, la Grèce.

Le candidat du SPD rappelait qu'il avait « prévenu les Allemands bien avant la chancelière qu'ils seraient appelés à contribuer financièrement au sauvetage de la Grèce ». Et accusait celle-ci dans la volée d'avoir imposé une « dose mortelle d'austérité » au pays du sud, alors qu'ils avaient besoin d'un plan Marshall 2 . Il rappela au passage comment l'Allemagne a profité après guerre de la solidarité des pays voisins et des USA, qui permirent sa renaissance.

Steinbrück évoqua au passage sa volonté de lutter contre les détournement fiscaux assurant «  on peut faire un accord avec la Suisse dans laquelle l'anonymat ne soit pas la loi ».

Mais il réservait la surprise de la soirée sans doute pour les auditeurs, sur le chapitre des retraites, dont l'avenir est des plus moroses. Elles atteindraient 43 % du salaire dans les prochaines décennies. Steinbrück défendit à nouveau la retraite à 67 ans, rejetée par les syndicats et son électorat et promis un équilibre entre les pensions des fonctionnaires et les retraites du privé. « Attention », s'éleva aussitôt Merkel, « les enseignants, les fonctionnaires de la justice ou de la police doivent entendre exactement ce qui vient d'être dit. Ce sont des emplois dont les salaires sont déjà très modestes ».

La guerre en Syrie, les écoutes des services secrets américains furent ensuite les thèmes de la confrontation.

Le duel servira avant tout aux deux adversaires à mobiliser leurs troupes pour les trois dernières semaines de bataille. Merkel a certes aujourd'hui plus de 20 points d'avance sur Steinbrück dans les cotes de popularité, et si le chancelier était élu au scrutin direct, elle recueillerait 54 % des voix contre 28 % pour le candidat chancelier du SPD. Mais 60 % des électeurs n'ont pas encore fait leur choix définitif et pourraient choisir finalement de voter pour un autre candidat, au dernier moment. Pour eux, la campagne a vraiment commencé hier.