Angela Merkel et David Mac Alistair, tête de liste des démocrates chrétiens se sont félicités lundi matin...MerkelMacAlistair.JPGla CDU reste le premier parti même si son score est l'un des plus médiocres depuis 1979 aux élections européennes. Une chute qui tient à la débâcle enregistrée en Bavières par l'union sociale chrétienne, la CSU bavaroise qui recueille 40,5 % des suffrages un des pire résultats depuis 1949  assure le TZ (Tageszeitung) de Münich.

Merkel a regretté le succès des partis anti-européens, dont l'Afd, l'Alternative pour l'Allemagne qui frôle les 7%. Le vote souverainiste et anti UE de l'Angleterre à l'Italie en passant par la France, évidemment, met Berlin face à de nouveaux défis, déjà commentés dans certains articles de la presse aujourd'hui.

Le résultat de l'UKIP en Grande Bretagne signifie qu'un Anglais sur trois peut parfaitement s'imaginer vivre hors de l'UE souligne die Zeit. Et si David Cameron ne parvient pas à récupérer les électeurs du parti souverainiste, il est tout à fait possible que le premier ministre « tory » perde le référendum à propos du maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l'Union qui doit se tenir en 2017. Est-il clair qu'un « Brixit » (sortie de la GB) serait une catastrophe pour le reste de la communauté européenne.

Beppe Grillo a fait également un tabac en Italie. Il veut lutter contre l'euro et contre Angela Merkel, souligne le Süddeutsche Zeitung (édition papier), qui détaille les projets d'un « clown »...Il revendique un référendum sur la sortie de l'euro et un « cofinancement de la dette italienne par les pays de l'Union » et menace si l'Allemagne de cède pas de ne plus payer la dette de son payx. Berlusconi lui même à baptisé l'euro une « valeur étrangère » et la ligue du nord « un instrument de mort ». Ces attaques ont été accompagnées de critiques féroces contre Angela Merkel, rendue responsable de la situation pénible dans laquelle se retrouve l'Italie. « Même l'ex-premier ministre social démocrate, Romano Prodi, ancien président de la commission européenne a entonné ce refrain dans un interview au magazine l'Espresso, ou il accuse Merkel de « protéger le camp populiste et nationaliste en Allemagne. Car seule l'Allemagne a fait la loi ces dernières années à Bruxelles. Elle s'est même permis de donner des leçons de morale qui ne sont pas acceptables. »

La politique européenne commune aux trois principaux états de l'Union, l'Angleterre, l'Allemagne et la France sera encore plus difficile estime le quotidien berlinois Tagesspiegel. Car les résultats du scrutin ne se résument pas à un vote protestataire sans plus. Dans les trois pays la participation électorale était en hausse par rapport au vote de 2009. Et s'il est vrai que ce vote n'est pas une mesure précise de l'état de l'opinion et des électeurs dans chaque pays, une tendance est incontournable. Les eurosceptiques sont à l'offensive, En Allemagne, l'Alternative pour l'Allemagne hostile à l'euro atteint les 7 %, et en Grande-Bretagne comme en France les anti-euro, l'UKIP et le Front national sont en tête.

Comme ce fut le cas lors du referendum de 2005, le pays voisin semble à nouveau remettre en cause l'ensemble de la politique européenne. Et comme Cameron sous la pression de l'Ukip, le président Hollande sera un partenaire très difficile pour Berlin, jusqu'à la fin de son mandat. La politique européenne de Merkel, d'équilibre entre solidité et solidarité risque de dérailler. Il ne serait pas étonnant qu'Hollande laisse en sommeil la politique d'équilibre budgétaire prônée par Merkel comme par la commission de Bruxelles.

Les pays membres de l'union s'était accordé une pause pour réfléchir, après l'échec du referendum français de 2005. Il semble que le moment est revenu de s'accorder un nouveau temps de réflexion sur la politique européenne.

La crise économique et financière à Kiev ne va pas tarder à se faire sentir, Angela Merkel devra proposer à la commission européenne des solutions radicales (...)la zone de libre échange avec les USA doit devenir rapidement une perspective qui crée des emplois et contiennent les projets de dominance outre-Atlantique.

Personne d'autre que Berlin ne peut mettre sur les rails les réformes de l'Union qu'exigent les troubles dans les pays partenaires, commente die Welt. » Vite, vite, vite, tout doit aller vite, comme toujours. 2015 sera une année décisive pour l'Union. La grande coalition à Berlin se retrouve face à des tâches brûlantes. Ce n'est pas le tournant énergétique ou la réforme du fédéralisme qui sont les plus urgents. « Après les votes en Angleterre et en France, le premier devoir de l'Allemagne est de fixer un cap et de tenir fermement la barre pour la conduite de l'Union européenne. Pour cela Berlin doit serrer les rangs. Quand Merkel ou Sigmar Gabriel -le vice chancelier social-démocrate- entameront la campagne électorale pour les prochaines élections de 2017 ils devront pour voir montrer l'un et l'autre que ce n'est pas de leur faute, si l'Union européenne a capoté. Nous avons fait le maximum pour la sauver avec les réformes indispensables ».

Mais quelles réformes justement ?