Le SPD a « sauvé » son fief en remportant dimanche 30 mars l'élection du maire de Münich avec 56,7 % des voix face à la CSU, la démocratie chrétienne bavaroise, 43,3%. Dieter Rieter succède ainsi à Christian Ude, maire de Münich depuis vingt ans, et candidat malheureux des sociaux démocrates face à la CSU de Horst Seehofer, ministre président du Land, lors des dernières élections régionales, en septembre 2013.

Bayern1.jpg

La CSU recueillant alors 47,7 % des voix dans l'ensemble de la Bavière, contre 20,6 % pour le SPD, 9 % pour les
« électeurs libres », et 8,6 % pour les verts.

Aux élections communales du 16 mars 2014 par contre les attentes de la CSU ont été déçues. Les démocrates chrétiens enregistrent même une défaite symbolique. Ils passent en effet pour la première fois depuis 50 ans au dessous des 40 % des suffrages avec 39,7 %. Ce qui est « peu » pour la CSU bavaroise. Il faut remonter à 1960 pour trouver un score dans la même tranche avec 37,3 %.

La CSU, qui reste largement dominante dans l'ensemble du Land, a perdu des voix dans les grandes villes lors des élections communales, tandis que le SPD lui perdait dans les petites villes, la campagne qui font la majorité au parlement. Les Verts par contre franchissent la barre des 10 % aux municipales, avec un gain de 2 % sur les précédentes élections et s'estiment seuls vainqueurs des dernières élections, décrochant deux conseillers au Landrat  souligne le Süddeutsche Zeitung. les « électeurs libres » restent localement bien représentés.

A Münich, la CSU espérait détrôner la municipalité social-démocrate dans la capitale bavaroise. Les chrétiens démocrates y avaient fait un bon score le 16 mars, devenant même le premier parti du conseil municipal devant le SPD. Le candidat maire social-démocrate -les maires sont élus au scrutin universel et non au sein du conseil municipal- enregistrant lui un résultat médiocre l'obligeant à défendre pour la première fois depuis 1993, ses chance au second tour.

Mais la victoire finale du SPD à Münich est cependant limitée, puisque les sociaux démocrates ont perdu au premier tour la majorité détenue au conseil municipal avec les Verts.

Aucun des deux gros partis ne sort vainqueur de ces élections communales en Bavières. Le SPD enregistre en Bavière son pire score de l'après guerre avec 20,7 %. Les chrétiens démocrates ont perdu les mairies de Regensburg et d'Erlangen, tandis que les sociaux démocrates ont renforcé leur poids à Nüremberg, emportant l'élection du maire avec 68 % des voix contre 24 % à la CSU. Les sociaux démocrates ont recueilli 46,5 % des voix aux élections du conseil municipal contre 27 % à la CSU.

Dans les villes, la campagne nationaliste de la CSU et le slogan « qui triche dégage », adressé aux immigrés qui « profitent » de l'état social allemand n'a visiblement pas fait recette.

Mais le SPD enregistre lui une débâcle dans les campagnes et ne détient ainsi plus aucune circonscription en Haute-Bavières. Sur 14 élus SPD au conseil régional du Land, 13 sont originaires de Münich.

Le SPD ne profite même pas des faiblesses de la CSU. A Miesbach ou l'élu CSU de la circonscription a dû céder la place, victime d'un scandale, c'est un Vert qui l'emporte au second tour avec 53,5 % des voix face au candidat des « électeurs libres ».