« Notre copie » titre le commentateur du Tagesspiegel berlinois son billet sur la victoire de la chancelière. « Si rien n'est clair une chose est sûre au moins : Angela Merkel a gagné. Personnellement. Avec une campagne électorale qui n'en était pas une. A quoi servent des partis, quand nous avons Merkel. C'est elle qui nous influence au moins. « Mutti » (« Maman ») est la meilleure. Nous nous connaissons. Elle ne changera pas, elle ne le doit pas d'ailleurs. Justement parce qu'elle est si peu spectaculaire, si attentiste, paraît souvent avancer à taton. Elle est si proche de la manière d'être des Allemands que les Allemands ont voté pour leur copie. »

Le SPD lui n'est plus capable, selon le quotidien, de faire une campagne électorale. En dehors de certaines personnalités social-démocrates, dans les Länder. Mais il ne sort pas de la prison des 20 % sur le plan fédéral. Parce que le parti a fait le mauvais choix en déclarant qu'il n'y avait pas de majorité à gauche du centre, et décrété l'union avec die Linke tabou. « L'Alliance avec les Verts en tout cas n'est pas une vision qui marche à l'échelle de l'Union. Même pas un projet, seulement une illusion. »

« Merkel est la chancelière de l'euro, estime de son côté le quotidien économique Handelsblatt. » Sa politique à l'égard des pays du sud, dont elle a exigé une politique stricte d'épargne, en échange des milliards des plans de sauvetage, semble être la seule alternative pour la majorité des électeurs. Les gens ont senti que l'euro-politique de l'Allemagne est l'une des raisons de sa position privilégiée. « Merkel a profité également naturellement des réformes de l'agenda 2010 de Schröder. Mais Schröder n'était pas candidat. »

« Les Verts sont tentés par une alliance avec Merkel, un gouvernement noir-vert. La Hesse pourrait en être la première concrétisation, la Bohème de Francfort, marche comme ça,résume Friedrich Küpperbusch dans le Tageszeitung, proche des Verts (Les verts ont longtemps dirigé la municipalité de Francfort avec la CDU, ndr). » Les sociaux-démocrates n'ont pas d'alternative à une alliance avec die Linke pour revenir un jour au pouvoir.