Le parti die Linke mène campagne pour une alliance rouge-rouge-vert au parlement. A eux trois les partis d'opposition au gouvernement sortant de la chancelière, le SPD, les Verts et die Linke disposent en effet d'une courte majorité de 8 sièges au Bundestag (CDU 311, SPD 192, die Linke 64, Verts 63). Ce qui est un changement par rapport à la composition du parlement précédent, ou la CDU, la CSU et les libéraux  avec 332 députés disposaient d'une majorité face à l'opposition et ses 290 sièges.
Katja Kipping, présidente de die Linke critique les directions des deux partis, Verts et SPD, qui "ignorent la volonté de leur base". L'assentiment des adhérents pour une coalition à gauche est possible, selon elle. Mais on ne sait pas ce que pense la majorité dans les partis. Elle reproche au SPD d'avoir décidé d'organiser une consultation des militants uniquement pour donner le feu vert ou non à une grande coalition, en fin de négociation avec la CDU et la CSU.  "Si le SPD veut vraiment savoir ce que pense la Base, il doit offrir le choix à ses électeurs entre grande coalition et alliance SPD, Verts, die Linke".
kiping.jpegKipping estime également qu'une alliance avec les Verts permettrait "de cumuler les compétences en faveur du tournant vers les énergies alternatives, de briser le pouvoir des trusts de l'énergie et de militer pour un coût des nouvelles énergies raisonnable pour les ménages".
Elle a peu de chances de se faire entendre pour l'instant, au sommet des deux partis au moins. Mais la réticence affichée au sein du SPD face à la constitution d'une grande coalition lui permet sans doute d'être écoutée, plus  qu'auparavant sans doute,   à la base du parti.
Le SPD et les Verts viennent d'ailleurs de décider ensemble de consulter die Linke dans le Land de Hesse, après les élections régionales du 22 septembre qui ont mis fin à la coalition sortante, des démocrate-chrétiens et des Libéraux. Afin d'évoquer la possibilité d'une alliance des trois partis qui permettrait de constituer une majorité au parlement régional, à Wiesbaden. Ils brisent ainsi un "tabou". Et font un pas de plus vers la "normalisation" des rapports de leurs deux partis avec die Linke, à l'ouest de l'Allemagne. 
Un tournant que va certainement fustiger avec force la démocratie-chrétienne. Car une telle alliance signifierait la fin de son mandat pour Volker Bouffier, ministre président sortant du Land.  Démocrate-chrétien, ayant rassemblé 39% des suffrages, il ne peut être reconduit qu'à la tête d'une grande coalition avec le SPD ou bien d'une alliance avec les Verts. Ses alliés, les libéraux du FDP ont réussi en effet à passer la barre des 5%, mais avec trop peu de voix pour reconstituer une majorité avec la CDU.
La Hesse reproduit en quelque sorte la configuration du Bundestag  - à l'exclusion du FDP qui n'a pas passé la barre des 5% au parlement fédéral. 
Sera-t-elle un signal de l'évolution à venir au niveau fédéral, vers une recomposition des alliances à gauche, et à droite -ou au contre-droit comme on dit en Alemagne...?

Nult doute que si une alliance éventuelle SPD/Verts/die Linke se précise en Hesse, la CDU et la CSU rouleront tambour sur la rupture des engagements du SPD qui s'était engagé à ne pas gouverner avec die Linke. Cela changerait-il la donne en ce qui concerne les négociations pour un futur gouvernement, avec Angela Merkel à sa tête?