(actualisé). Katrin Göring Eckardt, tête de liste des Verts -avec Jürgen Trittin- pour les élections du 22 septembre, participera à la délégation qui rencontrera l'Union CDU/CSU jeudi 10 octobre. Mais elle est sceptique quand aux chances de négociation d'un programme commun de gouvernement qui permettrait à Angela Merkel d'être réélue chancelière à la tête d'une majorité noire(CDU/CSU)-verte au Bundestag.

Eckardt.jpeg« Nos conceptions sont très éloignées,  qu'il s'agisse de la protection du climat, du tournant énergétique, de la politique à l'égard des réfugiés ou des questions sociales.» Katrin Göring-Eckardt était vice-présidente du Bundestag et présidente de l'église protestante allemande jusqu'à ce qu'elle prenne la tête de liste des Verts. L'échec des écolos avec 8,4 % des suffrages, un recul de sur 2009...est aussi « son échec ». Elle ne le nie pas. Mais à la différence de Jürgen Trittin qui a démissionné de ses responsabilités au lendemain du vote elle veut continuer à participer à la direction du parti pour contribuer aux changements qui s'imposent, après la « défaite ».

Candidate à la tête du groupe parlementaire au Bundestag, KGE a été élue mardi 8 octobre avec 41 voix contre 20 pour sa collègue Kerstin Andreae. C'est un poste qu'elle occupait déjà à l'époque du gouvernement rouge-vert de l'ex chancelier Schröder et lors de l'adoption de l'agenda 2010, et des réformes du marché du travail et de l'indemnisation des chômeurs dites « Harz IV ». « Les questions de justice sociale sont pour moi toujours prioritaires, affirme-t-elle dans le Tagesspiegel, mais il faut se souvenir qu'à cette époque nous avions 5 millions de chômeurs et des gens qui n'avaient plus de travail depuis des années ». Il fallait agir et faire l'expérience de ce qui pourrait les aider à retrouver un emploi. « L'Agenda 2010 a ensuite entraîné des conséquences négatives que j'aimerais pouvoir corriger aujourd'hui. »

L'accent mis sur la justice sociale par les verts, durant leur campagne électorale n'a pas été une des erreurs qui leur a coûté des voix, selon elle. « Les électeurs s'intéressent à ce qui se passe sur le plan de l'écologie et de la justice dans leur pays, quel que soit leur revenu. » Les verts ont par contre été trop souvent sur la défensive, apparaissant comme le parti de de l'interdit, avec leur revendication du « Veggieday » donnant l'impression qu'ils voulaient imposer à tous un jour sans viande. L'idée s'est répandue que nous voulions augmenter les impôts de tout le monde.  Nous savions tout beaucoup mieux que les autres, et avions une réponse à tout, cela nous a coûté beaucoup de sympathie. »

« Nous avons voulu faire passer trop de choses à la fois. Nous avions un programme électoral très travaillé et nous étions fier d'avoir tout calculé, afin que personne ne puisse nous reprocher de faire des promesses dont ne nous savions pas comment elles seraient fiancées. » Ce n'est pas là un travers que l'on doit reprocher à Jürgen Trittin en particulier, souligne Katrin Göring-Eckardt, qui fait partie de l'aile « realo » des Verts, à l'inverse de son colistier, figure de la gauche du parti. Les « realos » reprochent cependant aujourd'hui à Trittin d'avoir centré la campagne écologiste sur les revendications sociales, la question des hausses d'impôts pour les hauts revenus.

« Puis les premières publications des recherches du professeur Franz Walter à propos des débats sur la pédophilie pendant les premières années d'activité des Verts, ont énormément entaché notre crédibilité (voir à ce propos....), conclu Göring-Eckardt. » Les verts ne se sont pas liés en trop ouvertement au SPD, estime enfin la tête de liste écologiste. « Quand on veut impulser des changements, il faut se demander avec quels partenaires il y a le plus de possibilités de les mettre en œuvre. Et ce que nous souhaitions allait le mieux avec le SPD. Mais nous n'avons pas atteint cet objectif électoral. »