La cour constitutionnelle de Karlsruhe vient d'interdire la surveillance de Bodo Ramelow,  par les services de renseignements de la Verfassungsschutz (protection de la constitution). Dirigeant de die Linke dans la land de Thuring, député au parlement régional, Ramelow n'a cessé de se battre contre cet espionnage à son égard, "une atteinte au libre exercice de son mandat  d'une telle gravité qu'elle ne peut être justifiée quand dans des circonstances exceptionnelles, selon la cour. Or aucune tentative contre la démocratie ne peut lui être imputée".


"J'ai été espionné et mis sous écoute pendant 30 ans! Depuis 10 ans j'ai porté plainte, et je viens d'apprendre que Karlsruhe me donnait raison". S'est réjoui Ramelow sur Twitter..."


La cour ne conteste pas qu'il soit possible à la Verfassungsschutz d'observer les activités de certains députés. Mais cela ne peut être justifié que dans des cas graves, des circonstances particulières qui ne sont pas remplies dans le cas de Bodo Ramelow.
Les services de surveillances justifient en général leur observation de responsables et d'élus de die Linke par des arguments idéologiques et la présence notamment de courants marxistes au sein de ce parti, susceptibles de menacer la constitution allemande -protégée par la Verfassungsshutz- au nom du socialisme.


Katja Kipping, présidente de die Linke exige l'arrêt immédiat de la surveillance et de la criminalisation de son parti par la Verfassungsschutz -Ramelow n'est pas un cas unique.  Pour Gregor Gysi, chef du groupe parlementaire de die Linke au Bundestag, le jugement de Karlsruhe restera  "une date marquante dans l'histoire de notre parti. Un pas en avant  vient d'être accompli dans l'égalité de traitement de die Linke avec les autres parti".

La Verfassungsschutz est par ailleurs la cible des critiques depuis des mois, rappelons le,  pour avoir failli pendant des années face au groupe néo-nazi de la NSU, qui réussit à se maintenir dans la clandestinité pendant treize ans en perpétrant régulièrement ses crimes et attentats racistes (voir le billet "Crimes de la NSU, pourquoi?"). Certains critiques lui reprochent d'être borgne de l'oeil droit et de n'observer que de l'oeil gauche.