Angela Merkel serait sur la liste d'écoute des services américains depuis 2002, selon der Spiegel on line sans que l'on sache plus précisément d'après les documents dont dispose l'hebdomadaire de Hambourg, si le contenu de ses messages et communications étaient espionnées à partir de son portable ou si ses les numéros de ses interlocuteurs étaient seulement relevés,. La surveillance téléphonique était toujours active quelques semaines avant la visite amicale d'Obama à Berlin, cet été 2013.

merkelbush.jpgMais la date d'origine des écoutes de la chancelière remonte à la présidence de Georges Bush jr. Ce qui ne manque pas de sel. Angela Merkel était en effet une « fan » de Bush. A l'époque l'ex-chancelier Schröder gouvernait l'Allemagne avec les sociaux démocrates et les écologistes. Et les relations avec l'allié privilégié outre-Atlantique étaient tendues.
L'Allemagne fit front avec la France, contre l'intervention militaire en Irak décidée par Bush junior. Angela Merkel n'était pas sur la même longueur d'onde et regretta que son pays laisse choir Washington.
Devenue chancelière elle prit ouvertement partie pour G Bush et contre Obama. Et avait invité son ami le président sortant à une party privée en son honneur en 2006 dans le Land de Mecklembourg-Poméranie. La « grillparty la plus chère du monde », évaluée à plus de 8,7 millions d'euros -12 000 policiers assuraient la sécurité. Merkel afficha également leur proximité de vues lors du sommet d'Heiligendamm en 2007.

Elle refusa par contre à Obama, candidat en visite à Berlin, la possibilité de faire son discours de campagne devant la porte de Brandenbourg -un affront réparé lors du discours bis d'Obama en 2013.

C'est donc le président favori d'Angela et/ou ses services secret qui décidèrent de la mettre sous écoute. Obama poursuivant la politique de son prédécesseur, sans en avoir été informé insista-t-il, lors de sa récente conversation avec Merkel. Il lui assura même qu'il aurait fait cessé cet espionnage s'il l'avait su. Une manoeuvre si l'on en croit les dernières révélations da la presse allemande selon laquelle  Obama savait en fait depuis 2010.

La surprise, voire l'exaspération affichée par Angela Merkel sont-elles sincères ? Si c'est le cas la chancelière est bien naïve et les services secrets allemands -qui collaborent étroitement avec les services américains- vraiment incompétents.

Les services d'écoutes de la NSA et la CIA entretiennent une antenne d'espionnage à l'ambassade américaine de Berlin, qui jouxte la porte de Brandenbourg à deux pas du Reichstag, des bâtiments des députés du Bundestag et de la chancellerie. Les services y sont chargés entre autre de la surveillance des communications du « quartier gouvernemental » . Une autre antenne serait active à Francfort.

Lors des premières révélations de l'espionnage systématique des services de la NSA de tout un chacun, La chancelière et son ministre de l'intérieur n'ont pas manqué de minimiser l'affaire et de souligner la différence entre les écoutes des services secrets US destinés à protéger le monde libre, et les écoutes de la Stasi, la police politique de l'ex RDA, destinée à surveiller la population, et tristement célèbre.

Face aux révélations successives du Spiegel, Angela Merkel a fini par prendre la mouche et par téléphoner à Obama. Exaspération spontanée ou geste de convenance, pour les électeurs?

Les services américains ont -de leur point de vue- des motifs évidents d'espionnage de la chancelière et des milieux politiques, industriels et financiers en Allemagne. Berlin entretient en effet des liens particuliers avec la Russie, et Merkel avec Poutine. L'ex chancelier Schröder et son ami Poutine mirent en place le dialogue de Petersbourg qui rassemble la crème de l'économie, des industiels, des décideurs allemands et russe, de Gazprom à Siemens ou Basf. C'est un dialogue institutionnalisé qui fonctionne en permanence sur des échanges énergétiques des deux pays, la modernisation de l'industrie russe par l'Allemagne. Merkel a pris le relais de Schröder

La chancelière et l'industrie allemande soignent également tout particulièrement leurs liens avec Pékin. Et la chute du mur n'a pas signifié la fin des guerres d'intérêts entre les blocs. Alors que Berlin est la capitale relais entre l'est et l'ouest de l'Europe. Que les agents de renseignements US soient avides de savoir plus précisément ce que se disent Merkel et ses interlocuteurs, qu'il s'agisse du gaz et de Gazprom, de la guerre en Syrie, et de mille autres sujets….n'a rien d'étonnant.

C'est plutôt l'étonnement des cibles écoutées, qui étonne. Et croire que l'on puisse établir des règles de fair-play dans l'espionnage réciproque, est aller à l'encontre de ce qui fait l'espionnage même.

Ulrich Grillo, président de la fédération du patronat allemand plaide pour une telle réforme en même temps qu'il s'inquiète de la vigueur l'espionnage industriel, rapporte Spiegel on line. Mais il plaide surtout pour que la négociation de l'accord de libre-échange entre l'Europe et les USA ne fasse pas les frais du scandale de l'espionnage de la planète, chancelière comprise, via les services de la NSA.

Ce qui démontre combien il croit peu lui même au consensus sur les bonnes mœurs de l'espionnage entre amis.

Si Merkel était vraiment outrée elle mettrait des conditions au moins à la poursuite de ces négociations entre l'UE et les USA. Et elle règlerait son compte avec son ami Bush qui est à l'origine de l'espionnage de son "Handy", son portable.