Pari gagné. Sigmar Gabriel, président du SPD s'est offert un petit quart d'heure d'autosatisfaction en présentant aujourd'hui samedi 14 décembre à 14 h 45, les résultats du vote des adhérents du parti approuvant avec  75% des voix l'accord de grande coalition ave les démocrates chrétiens, la GroKo.

370 000 membres sur 470 000 ont participé au vote, ce qui est « déjà un succès quel que soit le résultat, soulignait Gabriel radieux.» Le vote devait rassembler au moins 20 % des adhérents pour être valide. Avec 78% de participation le quota est pulvérisé.

« Les gens revienne dans un parti s'ils participent à ses décisions ». Alors que l'on fête le centenaire de la naissance de Willy Brandt, vénéré par les sociaux-démocratesallemand, le président du SPD n'a pas manqué de rappeler ses mots: «osons plus de démocratie ». La consultation des militants est, selon lui, la démonstration de ce que le SPD tout en étant le plus « vieux» parti allemand est aussi le plus Spdvote.jpgmoderne. « Il y a longtemps que je n'ai pas été aussi fier d'être social-démocrate »,concluait-il,  estimant avoir instauré un nouveau standard en Allemagne, qui fera date.

Avec 256 000 voix, 75,9 % des suffrages exprimés, le vote de la base est sans conteste. La grande coalition bis, avec Angela Merkel chancelière, qui faisait rechigner nombre de militants et de dirigeants il y a encore quelque semaine a fini par convaincre.

Le président de la fédération de Berlin du SPD, Jan Stöß, plutôt classé à gauche au sein du parti, résumait les arguments qui ont fini par l'emporter. L'instauration d'un salaire minimum de 8,5 euros/h à partir de 2015 évidemment est la mesure la plus médiatisée. Mais les sociaux démocrates berlinois ont été convaincus également par l'égalisation des revenus et salaires est-ouest, l'encadrement de la hausse des loyers et le droit à la double nationalité pour les jeunes, originaires de familles immigrées, qui sont nés en Allemagne. L'accès à la retraite à 63 ans après 45 années de cotisations est également un plus. « Naturellement ce n'est pas le programme électoral du SPD », souligne Stöß, et l'accord de GroKo affiche des manques qui déplaisent profondément à la base du parti tels que l'absence de la « Bürgerversicherung », l'assurance maladie pour tous les citoyens, ou le rejet du financement des mesures sociales par la hausse des impôts, au détriment des caisses d'assurances sociales.

Avec 80 921 vote contre, un quart environ des membres du SPD ont jugé que ces manques justifiaient le rejet de la GroKo. Gabriel s'est adressé particulièrement à eux pour les remercier de leur engagement et de leur participation au vote, soulignant qu'ils auraient l'occasion de faire entendre leurs critiques lors des conférences régionales et de nouvelles consultations des adhérents dans les prochaines années, et souhaitant les « convaincre alors de ce que nous avions raison ».

Reste que le malaise profond exprimé par les opposant, dont les Jusos, les jeunes socialistes, qui ont décidé dans leur congrès de rejeter la GroKo, sera difficile à dissiper.

Avoir mené des mois de campagne électorale contre Merkel et les démocrates-chrétiens, pour un changement de politique avec les verts de surcroît et se retrouver « prisonnier » d'un gouvernement Merkel bis (après la grande coalition de 2005 à 2009) reste difficile à avaler.

Mais les Verts de leur côté négocient en Hesse, un programme de coalition avec le ministre-président sortant démocrate-chrétien, Volker Bouffier, dont la coalition avec les libéraux à la tête du Land a été désavoué par les électeurs lors du vote du 22 septembre. La seule alternative possible aurait été une alliance du SPD, des Verts et de die Linke...dont les sociaux démocrates de Hesse ont une nouvelle fois rejeté l'hypothèse, préférant rester sur les bancs de l'opposition, avec die Linke, face à un gouvernement CDU/Verts.