L'Europe ? Non merci. Le quotidien Berliner Zeitung parodie le slogan anti-nucléaire à propos de l'Europe pour commenter le jugement du tribunal constitutionnel de Karlsruhe invalidant la barre des 3 % des votants qui conditionne jusqu'ici l'élection au parlement européen. Une façon de souligner que le parlement européen n'est pas un vrai parlement, à l'inverse du Bundestag, pour lequel la cour justifie à contrario la barre des 5 %, afin de faciliter le travail de l'assemblée en constituant des majorités stables.

Pourtant, souligne le quotidien, la cour avait validé la barre des 5 % instituée pour l'élection au parlement européen en 1979 -première élection au suffrage universel. Il paraît donc curieux d'invalider ce principe aujourd'hui, alors que le parlement de Bruxelles justement a renforcé son rôle et ses fonctions depuis cette date. « Mais ses compétences peuvent croître, de même que sa stature, cela ne lui sert à rien, parce que la cour de Karlsruhe juge que cela ne lui sert à rien. Si le parlement national avec ses cinq partis doit être protégé de l'éclatement par la barre des 5 %, le parlement européen avec ses sept groupes parlementaires et ses 31 parlementaires sans appartenances est déjà éclaté et sans espoir. C'est comme si un médecin disait : j'aide celui qui est actif et en bonne santé, celui qui est déjà out par contre peut rester tranquillement dans son fauteuil roulant, ce n'est pas mon poblème ».