C'est un agent de l'établissement employé qui a fini par dévoiler les conditions dans lesquelles 1366 victimes avaient été euthanasiées, après avoir été jugées indignes de la race allemande, raconte le quotidien berlinois di Tageszeitung. Il avait eu la curiosité de fouiller dans les archives que la direction lui avait ordonné de brûler Mais il dû cacher 12000 documents dans la sacristie de la chapelle de la clinique pour les trier et les classer clandestinement. bayern_klinik_schnell_4.jpgIl reconstitua ainsi la constitution des convois de la mort de Mainkofen vers la chambre à gaz de Hartheim ou périrent 600 pensionnés, les 500 stérilisations, les 700 morts de régimes de famine.

Pendant des décennies après la guerre, l'euthanasie avait été niée. Les médecins et psychiatres jugés en 1945 furent acquittés... ou n'écopèrent que de peines minimes.

Alors que le travail de mémoire débuté dans les années quatre-vingt faisait peu à peu la lumière sur le sort des 70000 hommes femmes enfants victimes de la politique d'euthanasie et des lieux ou ils avaient été éliminés, la clinique de Mainkofen restait l'exception. « Il était évident pour moi que l'on ne m'avait pas donné les documents à détruire par hasard », explique Gerhard Schneider. Il savait qu'il risquait son job, en les sauvant puis en les dépouillant. Lorsqu'à la fin des années quatre-vingt-dix les autorités bavaroises entreprirent la publication d'un livre sur les psychiatres sous le nazisme il prit contact avec le médecin qui avait été chargée par la direction de la clinique des « recherches » sur Mainkofen. Mais celle-ci l'informa que la direction de l'établissement lui avait interdit tout contact avec lui.

C'est seulement en 2002 qu'il put faire état ouvertement de ses recherches, après un changement de direction de la clinique Mainkofen...Et encore le silence restait pesant et les responsabilités de l'établissement niées. La clinique est le premier employeur de la ville. Schneider fut même traité de calomniateur lorsqu'il évoqua en 2010 à la radio le rôle du médecin Kar Brettner qui stérilisa des centaines de femmes. Une rue de la ville porte son nom, il est citoyen d'honneur de Mainkofen. Ce sont des parents des victimes qui ont fini par obtenir qu'un mémorial commémore finalement les victimes sur le lieu de leur martyr. Il vient d'être inauguré, en présence de 30 familles d'euthanasiés. Un allemand sur huit de plus de 25 ans compterait selon le Tageszeitung une victime de l'euthanasie parmi les siens.