L'hebdomadaire die Zeit souligne de son combien les discussions, pendant cinq heures, ont permis d'examiner la situation de la crise en détail, « en confiance et dans une atmosphère constructive ». Une impression qui tranche avec les tensions nées de la victoire électorale de Syriza.

Lors de la conférence de presse précédant le dîner réunissant la chancelière et le premier ministre,

Tsipras n'a pourtant renié aucune de ses idées forces. Mais il a soigneusement désamorcé les polémiques des ces dernières semaines qui avaient fait monter la pression entre les deux pays. Des caricatures de Schäuble en nazi, à la polémique sur le doigt d'honneur de Varoufakis à l'Allemagne. Il a proposé à Merkel de tordre le coup aux stéréotypes qui ont fleuri ces derniers mois dans les deux pays. « Les Grecs ne sont pas plus paresseux que les Allemands ne sont coupables erreurs et des maux de la Grèce. »MerkelTsipras.JPG

Merkel a souligné quant à elle sa volonté de travailler en confiance avec le gouvernement grec, dans le cadre des réformes indispensables pour que la Grèce retrouve son dynamisme économique. Rien de neuf, mais un ton différent de celui de son ministre des finances, Wolfgang Schäuble -qui donne souvent l'impression que la sortie de la Grèce de la zone euro est le seul horizon.

Le premier ministre grec n'en a pas moins réaffirmé de son côté, en termes mesurés, que les programmes d'aides infligés à la Grèce ces dernières années lui ont infligé d'énormes dégâts sociaux. Le nouveau gouvernement qu'il dirige est par conséquent a-t-il répété à définir de nouvelles priorités dans l'application des programmes en cours, dont l'UE fait dépendre son aide financière.

La chancelière est resté en retrait sur toutes ces questions, insistant surtout  sur le fait que ce n'est pas l'Allemagne qui décide des mesures de la zone euro, mais les pays qui constituent celle-ci. 

Tsipras a souligné également la volonté de voir reconnues par l'Allemagne ses dettes vis à vis de la Grèce, remontant à l'occupation nazie. Mais il a pris soin de souligner qu'elle n'avaient pas de rapport avec les mesures débattues avec Bruxelles en ce qui concerne la crise. Il a souligné qu'il s'agissait avant tout de réparations relevant de l'éthique et non de dédommagements matériels, démentant les affirmations sur la saisie de biens Allemands à Athènes -tels que les bâtiments du Goethe Institut. Tsipras a condamné également les caricatures et amalgames d'aujourd'hui avec le nazisme, qu'elle proviennent du journal de son parti ou de l'hebdomadaire der Spiegel dont la une croque cette semaine Merkel au milieu d'officier de la Wehrmacht occupant Athènes...

Merkel a répété quant à elle que la question des réparations est considérée comme close, par l'Allemagne, mais elle a souligné combien les cruautés de l'occupation nazie endurée par la Grèce devaient être reconnues à leur juste mesure par les Allemands aujourd'hu i.

Mais on ne brise pas facilement les stéréotypes, ils sont collants, note le Tagesspiegel. « Les Allemands se sont confortablement installés dans leur image nationale mise en vedette ces dernières semaines qui tranche avec celle des voisins grecs détestables ». L'assurance d'être à nouveau le chef de l'Europe garant de l'ordre dans un monde chaotique se renforce. Parce que nous sommes différents de « ceux-là en bas »... »Nous sommes disciplinés économes comme les Souabes, sérieux parce que nous ne mentons pas, (même pas à la télévision) nous vivons dans un bien être mérité , tandis que les gens du Sud sombre dans la misère dont ils sont eux même coupables ». L'argent et l'ordre, sont les nouveaux piliers de la fierté nationale allemande. « Cela à l'avantage de nous débarrasser de nos mauvaises consciences, politique et historique.»