Les Länder de Saxe, de Thüringe, le Land de Saxe-Anhalt, le Mecklembourg et le Brandenbourg se distinguent en particulier. Une équipe de chercheurs ont réalisé une étude approfondie sur les causes de cette influence particulière de l'extrême droite à l'est. Ils ont mené enquête plusieurs mois durant dans trois villes Freital, Heidenau et à Erfurt-Herrnberg, rapporte Spiegel on line.

Il serait erroné selon eux de classer la xénophobie, les agressions racistes comme le premier problème propre à l'est en général ou à la Saxe en particulier. A chaque endroit ou ils ont mené leurs investigations il existe des raisons particulières du rayonnement des idées de l'extrême droite.

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manifestations d'extrême droite à l'est, mai 2017

Selon l'étude il existe une forte aspiration à l'ordre. Le désir d'une identité collective, si possible positive et moralement pure est tel que les agressions de l'extrême droite étaient déjà dissimulées tout simplement du temps de l'ex RDA.

"L'humiliation est un sentiment partagé. Nombre de gens se sentent dévalorisés, se considèrent comme des victimes. Vivant dans les campagnes ils ont l'impression d'être dénigrés par les habitants des villes. En tant qu'Allemands de, l'est ils ressentent les Allemands de l'ouest comme arrogants et en tant qu'Allemands ils ont l'impression d'être trompés par les immigrants. Ils ressentent les excès des extrémistes de droite dans leurs régions et la contrainte afin de se justifier".

Un sentiment qui les porte toujours plus à refuser de prendre part aux débats sur l'extrême droite.

Si les enfants font l'expérience à l'ouest, dés l'école, que les enfants originaires de l'immigration ne sont pas privilégiés, et qu'ils ne sont pas des pique-assiettes, cette expérience d'écolier n'existe guère à l'est.

Très peu d'étrangers vivent au contraire dans les campagnes de l'ex RDA, et leurs habitants ne connaissent que des Allemands défavorisés.

La vie quotidienne est devenue « dépolitisée ». Nombre d'Allemands de l'est se tiennent aujourd'hui à l'écart de la société civile et des organisations politiques parce qu'ils sont restés marqués par la pression de l'ex-état du SED (parti dominant de la RDA) sur nombre d'aspects de la vie quotidienne.

Le spectacle politique importé de l'ouest, qui a pris la place de collectivité forcés ne se préoccupe guère de leur sort. Le retour à une société de combattants solitaires et isolés ne les motive pas plus . L'engagement citoyen ou le pluralisme politique « qui enterre consciemment l'identité du peuple et de l'état » les laisse sceptique.

La faiblesse de l'éducation politique, en Saxe avant tout, explique aussi le peu de résistance affichée face à la diffusion des idées de l'extrême droite. C'est un des rares problèmes qui pourrait facilement être résolu avec une volonté politique affichée.

Il faut aborder ces questions de façon différentes selon les endroits. A Freital les auteurs de l'étude ont remarqué une « infantilisation » des auteurs des agressions xénophobes, et une relativisation de leurs actes.

La situation est toute autre à Erfurt ou un large front contre l'extrême droite s'est constitué. Les auteurs de l'étude voient là la confirmation de leurs thèses selon lesquelles l'extrême droite n'est pas seulement un problème est-ouest mais un fléau qui frappe plus les régions aux infrastructures fragiles que les grandes villes.