« nous allons réussir », lorsqu'elle évoque l'accueil des flots de réfugiés. Nombre de participants, membres de son parti, revendiquaient au contraire un changement de politique de la chancelière, l'un d'entre eux arborant même une pancarte exigeant son « découronnement ». 

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Merkel a défendu sa politique à l'égard des réfugiés mais elle a constaté que l'ambiance dans le parti démocrate-chrétien lorsqu'on parle des « étrangers » est encore plus explosive à dans l'ex-Allemagne de l'est. Elle n'a pas lieu encore de s'inquiéter d'un coup de force pour la remplacer à l'inverse de ce qu'insinue le quotidien populaire Bild, selon lequel Wolfgang Schäuble se préparerait à prendre sa place. "C'est lui le général de la grande coalition", selon un ministre du SPD. Mais elle connaît assez la CDU pour savoir que la solidarité à ses limites, chez ses dirigeants. A fortiori si les sondages poursuivent leur chute.

Le ministre de l'intérieur Thomas de Maizières a de nouveau répété que le nombre de réfugiés cette année est déjà trop élevé. Et la CSU bavaroise, hostile à la politique de Merkel bien que membre de sa grande coalition a exprimé clairement son point de vue lors du débat au Bundestag.

L'ex ministre de l'intérieur Hans Peter Friedrich prenant la parole en tant que vice président du groupe parlementaire CDU/CSU, pour revendiquer la fermeture et le contrôle strict des frontières a souligné : « nous ne pouvons pas accueillir plus de réfugiés que nous ne pouvons en intégrer, sans mettre en danger notre culture et nos valeurs ». Le chef de la CSU, Horst Seehofer, qui menace de faire appel à la cours constitutionnelle de Karlsruhe contre la politique de Merkel, s'exprimait lui devant le parlement régional de « l'état libre de Bavières ».

Les réformes adoptées au Bundestag par la grande coalition CDU/CSU/SPD calmeront elles les inquiétudes de la base et des électeurs démocrates-chrétiens ? (voir mon billet "Réformes du droit d'asile") Leur application va prendre du temps. Et l'Allemagne est plutôt solitaire face à l'afflux des réfugiés. Nombre de pays membres estiment qu'il s'agit purement d'un « problème allemand ».

Les députés démocrates-chrétiens sont de plus en plus soumis à la pression de leur électorat. Et même les plus volontaires soulignent que l'accueil à ses limites matérielles. Les communes n'ont pas de ressources inépuisables. Certains soulignent par ailleurs que Merkel a rappelé dans son discours devant le Bundestag que l'accueil des réfugiés selon les convention de Genève se limite à trois ans.