Il n'y aura pas de gouvernement noir vert, démocrate chrétien écologiste. Pour l'instant du moins. Après un  deuxième round de consultation, le parti vert a décidé de rester dans l'opposition et ne proposera pas au mini-congrès qu'il réunit ce week-end d'ouvrir les négociations avec l'Union chrétienne CDU/CSU pour constituer une coalition gouvernementale.
Les huit membres de la délégation écolo -dont Jürgen Trittin et Claudia Roth en photo ci-dessous- ont estimé mardi 15 octobre, dans la nuit, qu'il existait trop peu de rapprochements sur les onze questions principales abordées au cours des deux échanges  avec les quatorze représentants des délégations de la CDU d'Angela Merkel et de la  CSU bavaroise (voir "Merkel autour de la table avec les Verts" à propos de la première rencontre du 10 octobre ).  noirvert.jpg
"Il y a eu de sérieux efforts de part et d'autres pour construire des ponts entre nos positions respectives, constatait le président du parti écologiste,  Cem Özdemir. Mais ceux-ci auraient été trop fragiles pour tenir quatre ans. Condition indispensable à ce que l'expérience d'un premier gouvernement noir-vert ne tourne court."
Les divergences persistaient en particulier sur les  questions de l'assurance santé pour tous, de l'industrie d'armement et de la réglementation des exportations, comme sur la politique européenne et la mise en oeuvre de la solidarité entre les pays membres de l'union.
Volker Bouffier (CDU) a confirmé de son côté la fin des consultations avec la délégation des verts "qui estime impossible de proposer  l'ouverture de négociations. De notre point de vue la poursuite des consultations était tout à fait possible, ajoutait-il cependant." Un optimisme qui tient sans doute à ce que le ministre président démocrate chrétien sortant du Land de Hesse tente actuellement de constituer lui aussi une coalition avec les verts à Wiesbaden, afin d'être reconduit.  Sa coalition sortante, démocrates-chrétiens et libéraux, ayant perdu la majorité  le 22 septembre, lors du scrutin régional, comme ce fut le cas pour la coalition sortante d'Angela Merkel le même jour, lors du scrutin fédéral.
A Berlin, la chancelière n'a donc plus quant à elle  qu'une solution pour être ré-élue, la grande coalition avec le SPD, et la partie s'annonce difficile.

Elle devrait reprendre contact avec Sigmar Gabriel, le président du parti social-démocrate, aujourd'hui mercredi 16, pour organiser un troisième tour de table. La rencontre précédente, lundi 14, fut tendue et les trois partis, CDU/CSU/ et SPD s'étaient séparés en faisant le constat de désaccords, sur la politique sociale et les impôts notamment, excluant tout rapprochement dans l'immédiat.
Le social et la politique fiscale auraient également constitué  les points de divergence clés, hier mardi 15, interdisant tout rapprochement significatif avec les Verts.  Particulièrement en ce qui concerne la question du salaire minimum fédéral de 8,50 euros /l'heure que revendiquent le SPD et les Verts.
Un thème incontournable donc pour la CDU et la CSU qui campe pourtant sur son refus d'un salaire minimum uniforma pour tous, et va se heurter de nouveau du côté du SPD  à un mur sur cette question.

Les sociaux-démocrates en ont fait en effet une question de principe qui risque de conditionner tout accord de gouvernement et la ré-élection d'Angela Merkel par une majorité de député au Bundestag - d'autant plus qu'il existe de fait dans le nouveau parlement qui se constituera  le 22 octobre, une majorité de députés SPD, Verts, die Linke qui permettrait de faire adopter cette mesure ( voir le billet die Linke fait le leçon au SPD et aux Verts). Tandis que le SPD et les Verts ont déjà fait adopter un projet de loi en ce sens par le Bundesrat, la chambre des Länder ou ils sont majoritaires avec die Linke.    

légende photo: Jürgen Trittin et Claudia Roth, lors de la consultation mardi soir, "Noir-Vert c'est raté"