Revue de la presse allemande

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mercredi 19 novembre 2008

FBI bis et Satsi 2** Équilibre budgétaire, l'horizon recule** Adolf Merckle perd 1 milliard en bourse** L'est bat l'ouest à l'école

Anti-terrorisme. La nouvelle loi butte sur l'opposition. Le texte du gouvernement d'Angela Merkel, voté par les sociaux démocrates ( SPD) et les chrétiens-démocrates (CDU) au Bundestag, se heurte maintenant à la coalition hétéroclite des oppositions au Bundesrat, la seconde chambre du parlement, rassemblant Les libéraux du FDP, le Verts, le parti la Gauche, et une fraction des sociaux démocrates des Länder de l'est, résume Spiegel on line.
Ce sont en particulier les possibilités d'espionnage des ordinateurs des particuliers qui révulsent les protecteurs des droits des personne. La police criminelle pourrait en effet à l'aide d'un virus, d« un cheval de Troie », démasquer tous les secrets des fichiers des disques durs. L'installation de micros discrets, et de caméras dans les appartements des personnes « soupçonnées » serait facilitée. Les opérateurs de téléphonie fixe ou mobile seraient contraints de faciliter l'écoute des conversations de leurs clients par les services de police et devraient mettre à leurs dispositions leurs données. Les policiers seraient autorisés à utiliser les bases des fichiers disponibles, publics ou privés pour recouper leurs recherches.
C'est un texte de loi qui transformerait la BKA, la police allemande, en « super FBI » assènent les Verts. Les opposants sociaux démocrates des Länder de l'est, en Saxe en particulier, n'hésitent pas quant à eux à parler d'une « Stasi 2 », du nom de la police d'état de l'ex-RDA. Leur opposition prive Wolfgang Schäuble des voix du gouvernement de Saxe indispensables pour faire approuver sa loi au Bundesrat. A la CDU on tempête contre le SPD incapable de tenir ses engagements. Mais une éventuelle victoire du chrétien démocrate Roland Koch dans les élections du Land de Hesse en janvier prochain n'arrangerait rien. Contraint sans doute de gouverner la région avec le FDP, les voix de son gouvernement s'ajouteraient à celle qui font déjà défaut au Bundesrat.

Peer Steinbrück doit s'endetter encore plus que prévu. L'objectif mythique de l'équilibre budgétaire avait été planifié pour 2010 par le ministre des finances social démocrate Peer Steinbrück. Avant la crise financière. Il a été repoussé à 2013 depuis et risque encore de se faire attendre, note Süddeutsche Zeitung. Le ministre des finances serait contraint d'emprunter encore 17,9 milliards d'euros pour boucler les comptes en 2009 contre les 10,5 milliards qui avaient été prévus. 10 milliards d'emprunt seraient encore nécessaires en 2012. La crise et la récession entrainent en effet une chute des ressources fiscales, tandis que les plans de soutient à la conjoncture nécessite de nouveaux fonds. Les deux sont incompatibles avec l'équilibre du budget.

Spéculation en bourse, 1 milliard de perdu pour Adolf Merckle, l'une des plus grosses fortunes allemande. Les pertes abyssales encaissées en bourse n'ont plus l'image floue des sociétés anonymes. On peut mettre aujourd'hui un nom et un visage sur le yoyo fou de l'action VW ces dernières semaines. Il aurait coûté un milliard à l'entrepreneur souabe Adolf Merckle, 74 ans, rapporte le Frankfurter allgemeine Zeitung. Il avait parié à la baisse, alors que le cours de l'action du premier groupe automobile allemand dépassait toutes les limites à la hausse. Ceux qui avaient spéculé comme lui étant contraints de racheter du papier à n'importe quel prix -ou presque- pour tenir les engagements pris. Merckle se tourne maintenant vers les banques et les autorités publiques du Bad Würtemberg afin d'obtenir un crédit garanti pour payer ses folies. Son groupe emploie environ 100 000 salariés, et affiche un chiffre d'affaire de 35 milliards. Ce qui explique que le gouvernement de Stüttgart soit toujours attentif à ses requêtes et ne se comporte pas avec lui comme avaec n'importe quel citoyen ordinaire. Le clan familial Porsche qui est en train de racheter VW aurait lui, par contre, encaissé au moins l'équivalent de ce qu'a perdu Merckle à la bourse de Francfort. Rien ne se perd...

La Saxe prend la première place à la Bavières dans les test scolaires. La dernière étude Pisa concernant le niveau des élèves en lecture, maths, sciences naturelles a décerné les meilleurs notes à la Saxe, devant la Bavières. Dresde est presque au niveau de la Finlande, la référence en Allemagne en ce qui concerne la scolarité. Mais L'avantage de l'enseignement à l'est tiendrait au faible effectif des classes et au nombre très réduits des écoliers à problèmes, originaires de l'immigration, selon la fédération des professeurs. Les jeunes saxons profiteraient par ailleurs des traditions de l'enseignement dans l'ex RDA qui accordait une place de choix aux sciences, selon le Frankfurter Rundschau. Les élèves sont répartis en deux catégories d'établissements en Saxe, les collèges et les Lycées (accès au Bac). Alors que la Bavières est attachée elle au système des trois niveaux d'enseignements, collège élémentaire, collège d'enseignement général, lycée, traditionnel à l'ouest de l'Allemagne. Un système qui empêche les bons élèves d'accéder au Bac assure une spécialiste de l'éducation dans le Frankfurter Rundshau. Les hommes politiques qui tiennent à leur sièges, les parents qui veulent préserver leurs privilèges, les enseignant des lycées qui tiennent à leurs salaires, supérieurs à ceux du primaire ou du collège élémentaire bloquent, selon elle, toute avancée vers le collège pour tous.

mardi 18 novembre 2008

Opel bouscule toutes les certitudes

La précipitation avec laquelle les certitudes économiques de la politique allemande sont en train d'être jetées par dessus bord est incroyable souligne le Frankfurter Rundschau à propos du sauvetage envisagé du groupe Opel par les fonds publics. Tout ce qui a été dit et répété ces dernières années ne vaut plus rien. L'état prend d'abord les banques privées sous son aile. Le gouvernement découvre ensuite la politique de soutient à la conjoncture décriée depuis des décennies. Voilà maintenant que l'on remet la politique industrielle de l'état à l'ordre du jour à propos d'Opel, en dépit des engagements à la suppression des subventions. Si la digue est rompue, l'économie étatique ne connaitra plus de bornes. Le quotidien libéral de Francfort rappelle que le ministre des finances Peer Steinbrück (SPD) ou le ministre président de Hesse, Roland Koch (CDU), ont été eux mêmes les auteurs du plan de suppression des subventions étatiques le plus important de l'après guerre. On mesure le tournant!

*Le gouvernement est prêt à accorder à Opel un prêt de deux milliards d'euros sous sa propre caution si le besoins s'en fait sentir en cas de faillite de la maison mère, General Motors, résume le Frankfurter Allgemeine Zeitung. A la condition que les crédits en questions restent bien dans les caisses de la filiale allemande et ne se retrouvent pas aux Usa, sur les comptes de General Motors. Le patron d'Opel souligne que le constructeur n'a pas un besoin immédiat de liquidité mais préfère envisager cette extrémité à l'avance, par précaution. Il ne s'agirait en aucun cas d'une subvention pour Opel mais d'une garantie d'accès aux crédits indispensables à la poursuite de ses activités. La chancelière a souligné lundi de son côté qu'il s'agit d'un cas particulier qui tient aux liens entre Opel et GM, semblant exclure ainsi toute démarche d'aide généralisée à la branche automobile.



*Opel n'en risque pas moins de constituer un précédent pour la branche, souligne le quotidien économique Handelsblatt. Le président du parlement européen, le démocrate chrétien Hans-Gert Pöttering revendique même une réforme éventuelle du droit européen, afin de faciliter les aides des états, face à la crise que subit l'automobile. Le vice-chancelier et ministre des affaires étrangères allemand, le socilal-démocrate Franck Walter Steinmeier tient peu près le même langage. Il prônait hier un plan de sauvegarde de l'industrie automobile européenne à la suite d'une rencontre avec les représentants des conseils d'entreprises des constructeurs allemands et du syndicat de la métallurgie, IG Metall. 1 emploi sur 7 en Allemagne repose sur le secteur automobile qui exporte 75% de sa production. Un chiffre qui souligne le choc que subit la première économie européenne.

*Steinmeier a reçu d'ailleurs le renfort du président de la zone euro, le luxembourgeois Jean-claude Juncker. Les deux hommes expliquent dans un interview au quotidien Bild que la crise économique comme la crise financières exigent une réponse concertée, commune des pays de l'Union. Juncker est partisan d'un plan de sauvegarde de l'industrie automobile européenne et d'une politique européenne de sécurisation des emplois. Elle devrait notamment se traduire par des investissements dans les réseaux de communication, routes, chemins de fer, et la production de l'énergie.
L'économiste Peter Bofinger prône de son côté la « nationalisation » temporaire d'Opel, afin de protéger l'entreprise de la crise, pour la revendre ensuite à des investisseurs privés, note die Welt. Une méthode qui permettrait de ne pas faire d'Opel un exemple à suivre pour le reste de la branche, peu susceptible de revendiquer la nationalisation des autres constructeurs.

*Le quotidien berlinois Tagesspiegel rappelle lui le cas de Borgward, constructeur automobile allemand qui a fait faillite dans les années soixante, le Land de Brème ou était situé l'entreprise lui ayant finalement refusé les crédits promis. La plupart des 20 000 emplois concernés ont été définitivement perdus et la ville état de Brème ne s'en est jamais remis, réalisant qu'il n'aurait jamais dû laisser tomber Borgward. La leçon vaut pour Opel aujourd'hui. Tous les petits entrepreneurs auxquels l'état n'accordera jamais d'aide même s'ils sont au bord de la faillite doivent se faire une raison.

lundi 17 novembre 2008

Opel appelle au secours** La plainte d'un député gèle Wikipedia** Les terribles soupçons du fils Buback

Opel appelle les pouvoirs publics à son secours. C'est à Washington ou il s'était rendu pour le sommet du G20 que le ministre des finances social démocrate Peer Steinbrück a été rattrapé par la nouvelle de la demande d'Opel d'un prêt garanti de 2 milliards d'euros. La filiale allemande du groupe américain General Motors est en effet menacée de se retrouver sans ressources en cas de faillite éventuelle de la maison mère. Une nouvelle qui aurait dû rester « confidentielle », note le Financial Times Deutschland.
Mais les « sauveteurs » volontaires se sont aussitôt multipliés, les ministres présidents de Länder qui comptent des sites Opel sur leurs territoires en premier. En Hesse ou se trouve le site de Rüsselsheim (15000 salariés), Roland Koch (CDU) propose de constituer un fond de protection pour Opel et ses sous-traitants. Kurt Beck (SPD), en Rheinland Pfalz, estime que les crédits nécessaires devraient s'élever à 1 milliards environ. Jürgen Rütgers, Rhénanie du nord Westphalie, est partisan lui aussi de l'institution d'une garantie pour la survie d'Opel -le site de Bochum (5000 salariés) se trouve dans sa région- et de mesures de soutien pour les autres constructeurs. Ces derniers devraient d'ailleurs s'épauler mutuellement durant la crise selon le porte parole de la CSU bavaroise pour les questions économiques.
La chancelière a décidé aussitôt de rencontrer la direction d'Opel cet après midi. Frank-Walter Steinmeier, vice chancelier social démocrate rencontrera lui les représentant du conseil d'entreprise du groupe. Steinbrück, son collègue ministre de l'industrie Michael Glos et les représentants des Länder doivent se retrouver mardi pour envisager le sauvetage du groupe. Opel emploie 25700 salariés et fait vivre des milliers d'emplois chez les sous-traitants.
Mais du côté des spécialistes on souligne que l'apport de crédit garanti par l'état n'est pas la solution. Opel souffre à la fois de la crise et du décalage des modèles produits face aux nouvelles tendances qui privilégient les -petits- véhicules « propres ». Faute de perspective de restructuration profonde les crédits ne seraient d'aucun secours. L'Institut économique de Berlin (DIW) souligne de son côté que le risque d'un prêt accordé à Opel est tout simplement d'importer directement en Allemagne les pertes de la maison mère aux USA, et d'ouvrir ainsi un tonneau de subventions, sans fond, rapporte le Berliner Morgenpost.

Wilkipedia Allemagne mis hors service par la plainte d'un député du parti la Gauche. Lutz Heilman qui s'estimait diffamé par la notice biographique figurant sur le site de l'encyclopédie du net a obtenu du tribunal de Lübeck le gel de son accessibilité sur le web ce week-end. L'adresse Wikipedia Allemagne ne répondait plus -mais la version allemande de Wikipedia restait par contre accessible. Heilman s'insurge entre autres contre la référence faite à ses activités au ministère de la police d'état (stasi) de l'ex RDA, de 1985 à 1990, ainsi qu'à l'affirmation selon laquelle il aurait mis sur pied un site porno-online rapporte le Süddeutsche Zeitung. Il a porté plainte contre les auteurs de la notice, dont certains auraient laissé leurs traces sur le réseau d'ordinateurs du Bundestag.
Mais couper tout accès au site Wikipedia en Allemagne pour autant paraît quelque peu démesuré même au sein du groupe parlementaire d'Heilman, dont le porte parole estime que cela revient à chasser les moineaux au canon. Lundi matin le site était toujours « out ». Mais Wikipedia a vu les dons de soutien à son association multipliés par trois du même coup.

L'état a-t-il protégé la terroriste de la RAF qui a abattu le procureur Siegfried Buback en 1977? C'est une accusation particulièrement grave qu'avance Michaël Buback, le fils de la victime, qui vient de publier un livre: la « seconde mort de mon père ». La cour aurait, selon lui, épargné à dessein en 1977, Verena Becker, membre de la RAF, afin de protéger ses liens avec les services de renseignements et de préserver ainsi une source précieuse rapporte le Tageszeitung.
Michael Buback a été particulièrement choqué en découvrant que l'arme du crime avait été retrouvée trois semaines après le meurtre de son père dans les bagages de Verena Becker et Günter Sonnenberg, lors de leur arrestation. La justice avait condamné à l'époque Christian Klar, toujours en prison aujourd'hui, et Brigitte Monhaupt notamment pour ce crime.
Un an de recherche auraient fini de convaincre le professeur de chimie « macromoléculaire » de ses soupçons, éveillés notamment par ses récents entretiens avec un ancien de la RAF, Peter Jurgen Book. On sait depuis avril dernier que Verena Becker, membre de la Raf était effectivement en contact avec la Verfassungschutz -"renseignements" intérieurs chargés de veiller au respect de la constitution, de l'ordre public- et aurait même transmis des renseignements à ses agents, concernant la future exécution de Buback.
Ses interrogatoires ont été classés secrets en janvier 2008, pour la « protection du pays ». On a retrouvé par ailleurs dans les archives de la stasi, la police d'état de l'ex RDA qui "suivait" a Raf- une note indiquant que Verena Becker était tombé dans les griffes des services ouest-allemands adverses, vraisemblablement depuis 1972 (!). Arrêtée, Becker aurait avoué en prison, au début des années quatre-vingt ses liens avec les services d'états à ses amis. Elle envisageait de se suicider pour expier sa faute. Ses co-détenus l'en auraient dissuadé, puis rompu tout lien avec elle.
La cour de Karlsruhe reconnaît de son côté avoir eu en sa possession depuis les années quatre-vingt, des indices qui peuvent laisser douter de la version officielle du crime. De récentes comparaisons de traces DNA n'auraient pas été probantes néanmoins pour prouver la culpabilité de Becker, indique le Tageszeitung.

vendredi 14 novembre 2008

Merkel veut réguler les marchés** Les collèges élémentaires sur la touche** SPD Hesse, les rebelles en accusation** Le FDP contre le "nouveau FBI"** VW, le Bundestag nargue Bruxelles

Angela Merkel veut une réforme rapide des marchés financiers. Le rapport de la commission dirigée par le banquier Otmar Issing qui a été remis à la chancelière hier, insiste sur la surveillance des marchés, la suppression des oasis financiers, le contrôle des Hedge fonds, le renfort du rôle des institutions telles que le FMI, sans toutefois proposer une autorité internationale de contrôle comme le propose la France. Merkel estime que la crise actuelle est due aux excès des marchés financiers. Le modèle allemand du Soziale Markwirschaft implique, selon elle, qu'ils soient encadrés par l'état. Celui-ci est garant de ce que l'économie serve au bien commun et non au profit de quelques uns. C'est ce modèle qui a permis à l'Allemagne "pendant des décennies de concilier le bien être, la compétitivité sur le marché mondial, et la paix sociale", explique la chancelière dans le Süddeutsche Zeitung. La crise actuelle démontre à l'inverse, selon elle, les dangers d'un système laissé à lui même. Merkel s'attend à ce que les négociations soient difficiles à Washington. Elle prend position face à Sarkozy et Bush note Spiegel on Line. En Allemagne même le plan de soutien de la conjoncture adopté par le gouvernement est critiqué par les conseillers économiques du gouvernement qui estiment qu'il n'est qu'une collection de mesures qui resteront sans effet face à la récession.

*Les collèges élémentaires mis sur la touche Afin d'éviter des résultats trop négatifs dans les tests de niveaux scolaires sur le plan fédéral, les ministres de l'enseignement des Länder veulent en exclure dorénavant les classes des collèges élémentaires, l'échelon inférieur de scolarisation dans le cadre des trois établissements du système scolaire: collège élémentaire, collège enseignement général et lycée (préparation au baccalauréat). Les « bureaucrates de l'éducation » disent en quelque sorte aux collégiens des Hauptschule: « les enfants vous être trop mauvais pour participer au concours. Niveau zéro!», commente Spiegel on line. Une mesure contre laquelle s'insurgent les enseignants des collèges élémentaires et les experts. Le niveau actuel en mathématique de la moitié des collégiens serait actuellement celui de l'école primaire.

*Les rebelles du SPD en Hesse menacés d'exclusion. Jürgen Walter et Carmen Everts, deux des quatre députés du parti social démocrate qui ont refusé de voter pour élire la candidate de leur parti, Andrea Ypsilanti, au poste de ministre président du Land contre Roland Koch (CDU), sont menacés d'être exclus du SPD, rapporte die Welt. L'un et l'autre ont annoncé qu'ils feraient tout pour s'y opposer. Ils ont déjà été suspendus de leurs droits de membres du parti. Une procédure a également été entamée contre une troisième « rebelle, Silke Tesch. Les 4 avaient annoncé leur refus de mêler leurs voix à celles des députés des Verts et du parti la Gauche d'Oskar Lafontaine la veille du vote, lors d'une conférence de presse impromptue qui a transformé la crise du SPD à Wiesbaden en chaos. Portes paroles de l'aile droite du parti ils ont été désavoués par leur propre courant. Les procédures en cours n'ont rien à voir avec une lutte gauche contre droite au sein du SPD assure le nouveau candidat ministre-président du parti, Thorsten Schäfer-Gümmbel dans le Frankfurter Rundschau.

*La résistance des libéraux (FDP) contre les nouveaux pouvoirs de la police fédérale fait des vagues. La loi votée au Bundestag qui autorise dorénavant la surveillance renforcée des individus -écoute téléphonique, contrôle des ordinateurs personnels- en vue de lutter contre le terrorisme, se heurte à un front du refus emmené par les Libéraux du FDP avec l'appui des Verts et du parti la Gauche, note le Tagesspiegel. Les libéraux rejettent un nouveau « FBI », un monstre de l'espionnage des citoyens. Le FDP qui participe avec la CDU aux gouvernements de plusieurs Länder, dont la Bavières, ont l'intention de mettre en échec la loi adoptée par les chrétiens démocrates et les sociaux démocrates au Bundesrat -la seconde chambre du parlement qui rassemble les représentants des Länder. Les Verts qui gouvernent Hambourg avec la CDU pourraient les rejoindre. Berlin pourrait également voter contre le projet de loi annonce le parti la Gauche qui gouverne la ville-état avec le SPD.

*Le Bundestag nargue Porsche et Bruxelles avec sa nouvelle loi VW. Le parlement a adopté jeudi à la quasi unanimité -a l'exception des libéraux du FDP- le nouveau projet de loi qui réparti les pouvoirs au sein du conseil d'administration du groupe automobile, et accorde toujours un droit de veto au Land de Basse-Saxe ou se situe le siège et les sites de production de Volkswagen, rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le Land, dirigé actuellement par le dauphin d'Angela Merkel Christian Wullf, ne détient pourtant que 20% des actions du constructeur, et non les 25% habituellement nécessaires pour exercer un droit de veto sur les décisions de l'entreprise. Bruxelles et la famille Porsche, qui est en train de prendre le contrôle total de VW, s'opposent de concert à cette exception. La commission européenne avait jugé illégal le règlement précédent et "historique" des pouvoirs dans l'entreprise qui a instauré ce privilège de la Basse-saxe et enjoint le gouvernement allemand d'y mettre fin. En vain. Bruxelles va à nouveau poursuivre la nouvelle loi VW.

jeudi 13 novembre 2008

Les Verts changent de tête** 65 euros pour tous** Encore un bonnet d'âne pour agent de train** Abu Dhabi investit dans la "Silicon Saxony"

Avec Cem Özdemir les Verts changent de tête. Pour la première fois un Allemand d'origine turque va présider un parti allemand. Cem Özdemir devrait être élu au congrès des Verts qui se réunit ce week-end à Erfurt à la présidence du parti et remplacera Rainer Büttikofer aux côtés de Claudia Roth -il y a toujours deux président chez les Verts, un homme et une femme. Député européen depuis 2004, Özdemir est né en Allemagne. Il a le passeport allemand bien sûr et fut le premier élu d'origine « étrangère » à siéger au Budestag, en 1994. « Son élection contribua au changement d'image de l'Allemagne au delà de ses frontières. Il n'est pas étonnant que la direction des Verts soit tentée de le faire passer pour un Obama allemand", note le Tagesspiegel (Berlin). Même si Cem n'est pas Barack c'est bien la première fois qu'un responsable politique « originaire de l'immigration va présider un parti en Allemagne ». Özdemir, « souabe anatolien », est né et a vécu sa jeunesse près de Reutlingen dans le Bad Würtemberg. Il joue -entre autres- le rôle d'intermédiaire entre les deux sociétés, turque et allemande.

Ozdemir en intermédiaire à Augsburg ou la construction de la mosquée
de la communauté Ahmadiya était contestée notamment par l'extrême droite


*Augmentation de 65 euros pour tous pour les fonctionnaires berlinois. Après des mois de conflits, le sénat et le ministre de l'intérieur berlinois ont fait un geste à l'égard des fonctionnaires, soumis jusqu'en 2010 au régime « solidarité » pour éponger la dette de la capitale. L'augmentation uniforme de 65 euros qui s'appliquera à partir de juin 2009 sera bénéfique en particulier pour les salariés du bas de l'échelle, rapporte le Berliner Zeitung. Le syndicat des enseignants par contre n'est pas ravis. Les 2,9% d'augmentation qu'il revendiquait auraient été plus bénéfiques pour les profs, désavantagés par rapport à leurs collègues des autres Länder. Une prime de 300 euros a été versée en octobre pour l'année 2008. A partir de 2010 les salaires des fonctionnaires berlinois devraient à nouveau suivre les évolutions négociées au niveau fédéral. Les syndicats berlinois doivent consulter leurs adhérents avant de ratifier l'accord. Même chose pour l'IG Metall, le syndicat de la métallurgie, qui a obtenu hier 4,2% de hausse des salaires, une prime de 510 euros et doit maintenant consulter sa base -il revendiquait à l'origine +8%.

*Et de quatre chez les contrôleur(se)s de train. On peut attribuer cette fois le bonnet d'âne à la région de Münich. Une fillette de 12 ans a été expulsé d'un train par les contrôleurs parce que sa carte scolaire n'était plus valable. « Tu payes 40 euros ou tu sors ». Perdue dans une station à une heure de chez elle, elle a finalement repris le métro après un appel téléphonique de son père et n'a pas été re-contrôlée, note le quotidien hambourgeois Hamburger Abendblatt, qui avait signalé le premier cas de ce genre dans sa région ou une fillette de huit ans avait été débarquée -à 20 heures- par une contrôleuse à la mi-octobre. C'est le quatrième cas de mineur éjecté d'un convoi en quelques semaines. La pression monte sur les chemins de fer qui assurent pourtant que leurs agents doivent appliquer au contraire le règlement concernant les mineurs excluant leur expulsion du train.

*Abhu Dabi à l'aide d'AMD et de la « Silicon Saxony ». Le second fabricant de processeur pour ordinateur reste toujours loin derrière Intel qui détient 80% du marché contre à peine 20% pour AMD. La firme américaine dont les processeurs sont fabriqués à Dresde, en Saxe, affichait encore 1,2 milliards de perte, contre 1,6 milliards de profit pour Intel au second trimestre. Mais l'acquisition par AMD du fabricant de carte graphiques ATI explique en partie ces « mauvais » résultats. C'est un investissement qui sera payant à terme. Le fabricant américain vient d'annoncer par ailleurs la formation d'un join-venture avec le royaume d'Abou Dabi, rapporte le Financial Times Deutschland. Les investisseurs arabes ont déjà versé 1,4 milliards d'euros dans les caisses et se sont engagés pour 6 milliards sur 5 ans. Un placement à long terme souligne Emilio Gilardi le patron d'AMD et qui conforte le site de Dresde. « Un processeur d'ordinateur sur cinq est fabriqué dans la Silicon Saxony » se réjouit Wolfgang Tieffensee, ministre en charge de la reconstruction de l'est de l'Allemagne, ancien maire de Leipzig, et protecteur de cette région ou travaillent 70% des effectifs de la branche "puces et composants" -Infineon est également basé à Dresde

mercredi 12 novembre 2008

Lycéens en colères** Mère contre le nazisme** La banque HRE fait encore des siennes** Accord dans la métallurgie

*Grève chez les lycéens en colère. Il y a trop d'élèves dans les classes, pas assez de profs, les établissements sont en mauvais état, la réforme de l'Abitur (baccalauréat) en 8 ans dans les lycées a été faite en dépit du bon sens et de l'adaptation des programmes et met les élèves inutilement sous pression. Ce sont là les principales critiques d'une association de collégiens qui veut « en finir avec les barrages de l'éducation» et appelle à la grève dans 30 villes aujourd'hui, espérant rassembler 80000 collégiens rapporte le Süddeutsche Zeitung. Ils revendiquent 20 élèves par classe, le droit de regard des collégiens sur le choix des programmes, la gratuité de l'enseignement et la réforme de la réforme du bac en 8 ans.

*Une mère en bataille contre la dérive nazie de ses fils. L'association « parents contre l'extrême droite », fondée en 2003 aide les pères (ils s'y adressent très rarement) et les mères dont les fils ont rejoint la « scène » néo-nazie. L'une de ses fondatrices, raconte le   Tagesspiegel, a vu successivement son ainé devenir adepte des fringues traditionnelles des militants d'extrême droite, rangers et vêtements Lonsdale, et des groupes rock racistes Landser -un groupe berlinois condamné en 2003 par la justice- et Skrewdriver. Puis le junior a suivi son exemple. Pendant des années, avec l'appui d'autres mères, elle a du se battre à la fois pour maintenir son lien affectif avec ses enfants tout en s'opposant à leur dérive nazie. Elle regrette au passage que l'école ne lui ait été d'aucun secours. Son fils junior a été puni pour avoir fumé au WC par exemple, mais on a fermé les yeux sur son recrutement par la clique d'extrême droite présente dans l'établissement.

*Le sauvetage de la banque Hypo Real Estate (HRE) encore plus douloureux que prévu. La banque de crédits immobiliers münichoise qui a été le premier établissement bancaire sauvée de la faillite le 30 septembre par un plan exceptionnel lui garantissant l'accès à 50 milliards de crédits liquide, annonce une nouvelle perte de 3,1 milliards dues aux déboires de sa filiale Depfa, en Irlande, note le Financial Times Deutschland. Fragilisé par la faillite de Lehman Brothers, l'établissement est l'un des premiers émetteurs de certificats hypothécaires garantis sur le marché des « Pfandbrief », et son sort concerne donc l'ensemble du système bancaire allemand. Le parti libéral, FDP, souligne par ailleurs que le ministère des finances de Peer Steinbrück (SPD) avait été mis au courant dés le mois de mars de la situation très délicate de la banque par les autorités de tutelle (Bafin). Le ministre n'en aurait pas été informé par ses services. Steinbrück accuse aujourd'hui le chef de la Bafin de ne pas avoir pris toutes les mesures nécessaires à cet effet. Il affirmait lui même en septembre qu'il était impossible d'aller examiner en Irlande même la situation de la Depfa, la filiale de la banque. Or la Bundesbank elle même y avait envoyé ses experts éplucher les comptes en Mars.

*Accord dans la métallurgie, 4,2% de hausse des salaires. Après plus de vingt heures de négociations le patronat de la métallurgie et le syndicat IG Metall sont parvenus à un accord. Les salaires seront augmentés de 2,1% en février 2009, puis en mai de la même année rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung . Une prime de 510 euros sera versée d'ici janvier. Une seconde prime devrait être attribuée entre mai et novembre 2009. L'accord est conclu jusqu'en Avril 2010. Une hausse de 1,6% sera consacrée essentiellement de janvier à avril 2010 au financement du travail à temps partiel des séniors. Un accord modéré selon les observateurs qui permet aux syndicats, comme au patronat de vivre avec.

mardi 11 novembre 2008

Les banquiers font de la résistance** Opel appel à l'aide** Berlin Universités top 200** SPD remet en cause l'accord sur la Bundeswehr** Berlin, grèves, crèches et écoles

---------*Les banquiers ne veulent pas d'une sur-réglementation des marchés financiers. Il n'est pas question d'en revenir au « laissez faire » mais les interventions actuelles des états pour sauvegarder les banques du désastre doivent être temporaires et ne doivent pas conduire à une régulation autoritaire note le Handelsblatt. Dans une lettre adressée au président Bush qui doit accueillir bientôt le sommet international du G20 sur la crise financière, la fédération internationale des banques (IIF) que préside le suisse Josef Ackerman, président de la Deutsche Bank, prend le contre-pied des propositions de l'Union européenne, de Merkel et de Sarkozy. Le contrôle des banques par une institution internationale serait illusoire précisent les milieux bancaire à Francfort.
---------*Opel (GM) appelle la chancelière à l'aide. Le constructeur d'automobile allemand, filiale de la General Motors, revendique notamment l'attribution de crédits à des taux privilégiés pour l'achat de véhicules neuf, les voitures de plus de 10 ans devraient bénéficier dans le même temps d'une prime de rachat. La Banque d'investissement européenne devrait consacrer 40 milliards de crédits à la branche automobile, afin de soutenir ses ventes et des recherches sur les prochaines générations de véhicules. Mais le gouvernement souligne qu'il vient déjà d'adopter des mesures en faveur des constructeurs la semaine dernière dans son plan de soutient , la suspension de la taxe fiscale annuelle pour les véhicules neufs pendant un ou deux ans notamment souligne le quotidien économique Handelsblat. Le SPD souligne pour sa part que lorsqu'un constructeur s'adresse au gouvernement il ne faut pas faire la sourde oreille.
-------*Les universités berlinoises classées parmi les 200 meilleurs de la planète. Les trois universités de la capitale sont nommées dans le classement du « Times Higher Education Supplement », toujours dominé par Harvard, Yale, et Cambridge. La FU (Berlin ouest) est 137 ème place, la Humbold (Berlin est) 139 ème. La TU, l'Université technique, décroche le numéro 188 constate avec fierté le Berliner Morgenpost, elle n'était pas dans les 200 jusqu'à présent. Le quotidien berlinois signale par contre au passage que les universités munichoises ont dégringolé dans le classement. L'université Ludwig-Maximilian est tout de même à la 93 ème place, l'université technique à la 78 ème. L'université de Heidelberg reste en tête (57 ème).
---------*Le SPD remet en cause l'accord gouvernemental sur les domaines d'intervention de la Bundeswehr. L'armée allemand ne devrait intervenir qu'en cas de menace imminente par voie aérienne ou par mer, selon Ralf Stegner, membre de la présidence du SPD, rapporte le Berliner Zeitung. Une position qui remet en cause le compromis auquel étaient parvenus l'Union chrétienne CDU/CSU et le SPD au Bundestag. Celui-ci envisageait l'intervention de l'armée quand la police ne peut pas faire face au danger avec les moyens dont elle est dotée, y compris en cas d'affrontements, ou d'évènements graves à l'intérieur du territoire. Une réforme qui supprimerait la frontière entre l'armée et la police, et nécessiterait une réforme de l'article 35 de la constitution concernant l'intervention en cas de catastrophes, et dont ne veulent pas les sociaux démocrates. Le récent compromis gouvernemental sur l'impôt sur l'héritage pourrait être lui aussi remis en question. Les libéraux et la CSU qui gouvernent dorénavant de concert la Bavières jugent celui-ci trop restrictif pour les proches et trop contraignant pour les héritiers de petites et moyennes entreprises notamment, signale Spiegel on line
--------*La grève se poursuit dans les services publics berlinois. Les fonctionnaires qui dépendent du Land et font les frais de la politique d'épargne de la capitale allemande qui croule sous les dettes ont entamé des grèves depuis lundi. Elles sont particulièrement sensible dans les écoles et les crèches note le Tagesspiegel. Berlin qui ne fait plus partie de l'organisme dans lequel les Länder négocient les salaires des fonctionnaires avec les syndicats ne proposait à ces derniers jusqu'ici que deux primes de 300 euros. Les syndicats revendiquent une augmentation de salaire de 2,9% minimum. Les négociations ont été rompues en juillet. Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés lundi devant le siège fédéral du SPD à Berlin Kreuzberg, ou le maire de Berlin, Klaus Wowereit, participait à une réunion de la direction du parti. Ils voulaient montrer ainsi aux sociaux démocrates réunis dans la capitale que « Wowereit est le maire le plus anti-social qui soit aujourd'hui » et mettre ainsi le SPD, censé être le parti des salariés, face à ses propres contradictions.

lundi 10 novembre 2008

Gorleben nouvelle génération** Nouvelle tête à Wiesbaden** Bonnet d'âne à la DB** Berlin capitale en hausse** Revers US pour DHL

--------*Anti-nucléaires, relève de génération. On n'avait pas connu une telle mobilisation depuis des années, selon le Tageszeitung. Les manifestations pour retarder l'arrivée à Gorleben du convoi de déchets nucléaires en provenance de la Hague en France ont regroupé jusqu'à 16000 personnes samedi . Elles témoignent d'une renaissance, d'une relève de génération chez les anti-nucléaires, selon le quotidien alternatif berlinois, qui signale l'arrestation d'une anti-nucléaire française qui participait aux barrages contre le convoi. Les récentes révélations concernant les sites de dépôt des déchets nucléaires d'Asse et de Morsleben, soulignant les dangers d'infiltration pour l'environnement sont sans doute pour quelque chose dans ce regain de mobilisation. Le convoi de « Castors », ces containers ou sont entreposés les déchets, devrait arriver arriver aujourd'hui sur le site de Gorleben, avec une demi journée de retard. Les déchets y restent entreposés depuis des années dans un hall « temporaire ». Le site de dépôt des déchets, une mine de sel, n'ayant toujours pas le feu vert pour son exploitation.
Manifestations à Gorleben (2006,2007) You Tube de


---------*Monsieur X après Madame Y, suite du « drame » de Wiesbaden. Le nouveau candidat du SPD face à Roland Koch, le ministre démocrate chrétien de Hesse, pour les élections de janvier prochain, donne ses premiers interviews dans la presse de ce matin. Thorsten Schäfer-Gümbel, 39 ans, se présente comme le symbole du rajeunissement des cadres du parti social démocrate, dans le Frankfurter Rundschau. Il souligne qu'il ne changera rien ou presque au programme développé par Andrea Ypsilanti il y a un an. La campagne électorale du SPD se concentrait alors sur l'accès à l'enseignement pour tous, les énergies alternatives, le social et le salaire minimum... Il reconnaît cependant que de nouvelles réponses seront nécessaires face à la récession. Il cite James Bond: « il ne faut jamais dire jamais », pour souligner qu'il ne rejette ni une alliance avec le parti la Gauche, ni une grande coalition avec la CDU au lendemain du vote, pour gouverner le Land. Schäfer-Gümbel s'attend à être l'objet d'une campagne politique qui vise à « l'abattre » comme ce fut le cas pour Ypsilanti. Celle-ci a renoncé à se présenter à nouveau face à Koch après avoir été clouée ou pilori pour avoir trahi sa promesse électorale de ne pas gouverner avec « la Gauche », en négociant après les élections l'appui de ce parti, pour battre Roland Koch. « Thorsten Schäfer-Qui? » s'interroge le Süddeutsche Zeitung, qui souligne que l'on a rien encore a reprocher au nouveau candidat à part qu'il paraît inconscient du rôle cynique qu'on lui fait jouer. Il serait en fait le protecteur et la marionette d'Ypsilanti qui conserve en fait les rennes du pouvoir dans le parti.
-------*Nouveau bonnet d'âne pour un contrôleur de train. Il y a quatre semaine une contrôleuse avait éjecté d'un train dans la région de Hambourg une fillette de huit ans qui n'avait pas de ticket, et avait dû rentrer chez elle en marchant cinq kilomètres de nuit avec son violoncelle sur le dos. L'affaire avait fait scandale et la contrôleuse avait été mise à pied. Cette fois c'est une jeune fille de 13 ans qui a été expulsé du train par un contrôleur, faute de ticket, dans la région de Neurupin, à 42 kilomètres de chez elle. Elle avait demandé à l'agent de train en vain de prévenir sa famille -en pleurant signale le Süddeutsche Zeitung. C'est un chauffeur de taxi sympathique qui l'a ramenée chez elle. Le règlement souligne pourtant que les mineurs ne peuvent être ainsi éjectés du train et sont sous protection du personnel jusqu'au terme de leur voyage. Mais les deux derniers scandales ne seraient pas de cas isolés selon l'association des usagers du rail.
-------*Berlin troisième capitale du tourisme après Londres et Paris. Plus de cinq millions de personnes sont venues visiter la capitale allemande au cours des huit premiers mois de l'année rapporte le Berliner Morgenpost. Et l'année à venir ne devrait pas démentir ce succès, Berlin fêtera notamment les vingt ans de la chute du mur. De 1993 à aujourd'hui le nombre des nuitées en hôtel s'est accru de 7,3 millions/an à 17 millions. Les touristes apprécient l'accueil sympathique des berlinois, leur disponibilité, la créativité de la scène artistique attire nombre de jeunes. Des initiatives telles que l'enveloppement du Reichstag par Christo et Jeanne Claude ont façonné une nouvelle image de Berlin et de son histoire.
---------*Revers pour la Deutsche Post aux USA. DHL express, la compagnie de transport de fret de la Deutsche Post connaît un lundi noir, note le Financial Times Deutschland. Confrontée aux géants de la branche aux USA, Fedex et UPS, DHL express devrait restructurer ses activités, supprimer quelques 30000 emplois et fermer son centre aérien de transit à Wilmington (Ohio). La Deutsche Post annoncerait aujourd'hui une perte de 1,3 milliards d'euros de sa filiale. Les services de logistiques de DHL aux USA, 25000 salariés, seraient par contre épargnés.

vendredi 7 novembre 2008

La nuit de Cristal divise** Élections bis en Hesse** Steinmeier, Moscou, Obma** Klatten, les affaires continuent** La DB dans les remous** Cours de langue en panne** Compromis sur l'héritage

Le Bundestag éclate sur la nuit de cristal. Les députés du parlement devaient adopter une déclaration commune à l'occasion de la commémoration de la nuit de cristal, le pogrom organisé contre les juifs par les nazis le 9 novembre, il y a soixante dix ans, souligne Spiegel on line. Il s'est en fait divisé ces dernières semaines sur cette question. La CDU refusant après des mois de négociations de signer un texte commun avec le parti de Lafontaine et Gyzi, en raison de l'antisémitisme de l'ex RDA dont il serait en partie l'héritier. Les démocrates-chrétiens soulignent par ailleurs l'attitude favorable de la Gauche vis à vis du Hamas ou du Hezbollah libanais qui mettent en cause l'existence d'Israël. Deux motions séparées ont donc finalement été adoptées. L'une rédigée par la CDU, le SPD, les Verts et le FDP, l'autre présentée par la Gauche qui reprenait la première mot pour mot. Mais 11 députés de ce parti ont refusé de prendre part au vote, le texte instituant la défense d'Israël en « raison d'état » pour l'Allemagne et condamnant toute solidarité avec le Hamas ou le Hezbollah.-------*Nouvelles élections le 18 janvier en Hesse. Après l'échec pour la seconde fois de la constitution d'un gouvernement régional du SPD et des Verts, avec l'appui du parti la Gauche, l'ensemble des partis représentés au parlement régional appellent à de nouvelles élections pour le 18 janvier, rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le SPD est encore sous le choc de la débâcle. Il devrait malgré tout repartir en campagne sous la bannière d'Andrea Ypsilanti, somptueusement lâchée par quatre députés sociaux-démocrates à la veille du vote qui devait lui permettre d'être élue ministre-président du Land à la place de Roland Koch, CDU. Les quatre "déviationnistes", qui ont disparu depuis leurs conférence de presse surprise ont accordé un interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, ils accusent Ypsilanti d'avoir instauré un régime d'intimidation, de culte de la personnalité, un esprit religieux dans le SPD, pour imposer son choix de s'allier à la Gauche. Le SPD les accuse en revanche d'avoir trahi leurs propres engagements réaffirmés par mail notamment à la veille du vote.--------*Steinmeier, Moscou et Obama Le ministre des affaires étrangères allemand, Franck Walter Steinmeier (SPD) a été le premier à féliciter Obama pour sa victoire. Il est également le premier à faire des reproches à Moscou qui ne joue pas le jeu du changement aux USA en annonçant le déploiement de missiles courtes portées dans l'enclave de Kaliningrad, pour répondre aux projets US de missiles stationnés en Pologne et en Tchéquie, et pour contrer les projets européens d'extension de l'Otan, note le Süddeutsche Zeitung. C'est une façon aussi pour le candidat chancelier social-démocrate de mener sa campagne électorale contre Merkel. --------*Suzanne Klatten, héritière BMW, les affaires continuent après le scandale. Le chantage exercé par le "gigolo italien" qui avait extorqué des millions à Suzanne Klatten devenue sa maîtresse fait toujours des bulles dans les médias. Certaines de ses déclarations à la police concernant les dessous de son aventure sont publiées dans http://www.welt.de/vermischtes/article2684549/Was-Susanne-Klatten-ueber-ihren-Gigolo-sagt.html die Welt. L'héritière de BMW va acquérir pour 910 millions la totalité du capital du groupe chimique Altana dont elle est déjà actionnaire majoritaire rapporte le Financial Times Deutschland. Le groupe est issu de groupe Varta (accumulateur) qui contribua à la fortune de la famille durant le Reich. Le père et le grand père de Suzanne Klatten étaient des proches du régime.-------*La Deutsche Bahn dans les remous. L'introduction en bourse de la Deutsche Bahn a finalement été reporté jusqu'aux lendemain des prochaines élections fédérales par le ministre des transports, le social-démocrate Wolfgang Tieffensee. Un revers pour la direction actuelle de la DB et une concession aux électeurs regrette le Financial Times Deutschland. La compagnie des chemins de fer soumet par ailleurs à révision ses trains grandes vitesses (ICE) à la recherche de défauts de fabrication des axes de ses convois. Les trains régionaux berlinois ne sont pas mieux lottis et sont eux aussi en phase de révision, signale le Tageszeitung. --------* Les cours de langue pour l'intégration font flop. Prévus notamment pour faciliter l'accès des candidat(e)s à la naturalisation et l'intégration, originaires de l'immigration, les cours de langue qui doivent permettre d'acquérir le minimum de compréhension et d'expression nécessaires à la vie quotidienne et citoyenne ne rencontrent guère de succès rapporte die Welt. La plupart des cours attendent encore leurs élèves. Les candidats passent les tests par eux même visiblement sans grande peine. C'était une bonne idée mais elle semble ne pas marcher estime-t-on au ministère de l'intérieur.-------*Compromis sur le projet de loi sur l'héritage. Après des semaines de négociations ardues, l'Union chrétienne et le SPD se sont accordés sur la réforme de l'impôt sur l'héritage. Les époux et enfants qui vivent dans la maison familiale en seront dispensés. Les héritiers des entreprises qui poursuivent l'exploitation et maintiennent l'emploi, substantiellement ou totalement. Les libéraux du FDP annoncent qu'ils s'opposent à certains points de ce projet et feront appel à a cours constitutionnelle note le quotidien économique Handelsblatt. En période de crise à fortiori, selon eux, il peut être nécessaire pour des héritiers de supprimer des emplois pour sauver une entreprise.

jeudi 6 novembre 2008

LE GOUVERNEMENT ADOPTE SES MESURES DE SOUTIEN A LA CONJONCTURE

Opposé à tout plan de relance public, le gouvernement d'Angela Merkel a bouclé hier un paquet de mesures pour soutenir la conjoncture, face à la récession qui s'annonce pour 2009, résume le quotidien économique Handelsblatt. Les objectifs ciblés devraient inciter les entreprises, les communes, et les particuliers à investir, à consommer pour tenir l'économie réelle à l'écart de la crise financière. Il sauvegarderait ou créerait ainsi 1 million d'emplois.
La banque publique Kfw va garantir jusqu'à fin 2009 une disponibilité de 15 milliards de crédits aux petites entreprises qui ont actuellement des difficultés à obtenir des prêts auprès de leurs banques. Des crédits à taux réduits d'un montant de 5 milliards d'euros, seront affectés aux travaux d'équipement publics, la réhabilitation des bâtiments des écoles, et l'extension des réseaux de transports routiers et ferroviaires. Pour les entreprises, les investissements en équipements ouvriront droit à un amortissement dégressif de 25% qui leur permettra d'épargner sur l'impôt -le coût de cette mesure serait de 13 milliards environs pour les recettes fiscales.
Les particuliers pourront quant à eux déduire 20% des travaux d'équipement réalisés par les artisans à leurs domiciles jusqu'à 6000 euros au lieu de 3000 actuellement.
Mesures phares enfin, le plan doit soutenir la branche automobile, moteur de l'industrie, dont dépend 1 emploi sur 6 en Allemagne, rappelait hier le ministre de l'économie Michael Glos (CSU). Tous les constructeurs sont déjà touchés par la crise. Une vague de faillite s'annonce même chez les distributeurs.
L'achat d'un véhicule neuf sera dispensé du paiement de la taxe automobile, pour l'année 2009. Une dispense prolongée jusqu'à 2010 si le véhicule répond aux normes euro 5 et euro 6 réservées aux véhicules propres.
Peer Steinbrück, le ministre des finances, soulignait hier que le nouveau plan complète les mesures déjà adoptées début octobre par le gouvernement: la réduction des cotisations chômage, la hausse des allocations familiales et des déductions fiscales pour les enfants à charge, l'augmentation des aides au logement. Soit une somme de 35 milliards d'euros pour 2009 et 2010. Au total le plan de soutien dépasse ainsi les 50 milliards d'euros.

Nombre d'experts jugent cependant ces mesures beaucoup trop timide. Ce sont des mesures « symboliques » estime pour le Spiegel, Klaus Zimmermann, président de l'institut économique de Berlin. Elles ne seront pas à la hauteur d'une récession réelle. Il s'agit simplement de montrer aux électeurs que l'on fait un geste à leur égard, après avoir adopté un plan de 480 milliards pour les banques. Les investissements d'équipements publics étaient déjà prévus de toute façon et si la récession est réelle les ménages n'investiront pas dans l'aménagement de leur logement en priorité. Le chiffre d'1 millions d'emplois sauvegardés est irréaliste. Mesures insuffisantes également pour Thomas Mayer, économiste de la Deutsche Bank, qui s'attend à une récession de 1,5 points alors que -le gouvernement prévoit encore 0,2% de croissance. Les mesures d'incitations fiscales représentent environ 0,2% du PiB. En comparaison Bush avait adopté un paquet de mesures de relances équivalent à 2% du PIB et Obama devrait ajouter des mesures représentant environ 3% du produit intérieur brut, souligne l'économiste de la DB. Il faudrait au moins réduire la TVA de 3 points de 19 à 16% -annulant l'augmentation de 2007-, pour relancer la croissance. Les verts soulignent eux que la promotion des ventes de véhicules à grosses consommation est contraire aux objectifs de lute contre le réchauffement climatique. Il est exclu par ailleurs que les ménages qui ont exclu d'acheter un nouveau véhicule pour des raisons économiques changent d'avis parce qu'ils épargneront quelques centaines d'euros de vignette fiscale, souligne le Süddeutsche Zeitung. Il en va de même pour les travaux à domicile exécutés par des artisans. Le programme du gouvernement sera un échec garanti conclu le quotidien de Münich.

mercredi 5 novembre 2008

RÉJOUISSANCES EN BOUCLE DANS LES MÉDIAS APRÈS LE TRIOMPHE D'OBAMA, ET QUELQUES INQUIÉTUDES

Le voyage de Barack Obama à Berlin en juillet dernier avait déjà conquis les Allemands ( voir ma revue de presse du 25/07). Sa victoire est célébrée ce matin par tous. On rappelle cependant son différent avec Angela Merkel qui n'avait pas voulu autoriser son discours de candidat à la porte de Brandenbourg le 24 juillet. Un lieu réservé au présidents en exercice. Il pourra cette fois s'y rendre -s'il le désire. Spiegel on line salue la « renaissance du rêve américain » et souligne que la doctrine Bush, les frappes préventives, les agressions militaires contraires aux droits des peuples, et les dégâts qu'elle a commis à travers la planète au cours de ces dernières années ont été définitivement sanctionnés par le vote de cette nuit. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung, évoque la promesse d'avenir que représente la nouvelle présidence pour les USA et souligne que Barack Obama devra gouverner au centre et réconcilier les Américains. Car presque la moitié d'entre eux n'ont pas voté pour lui. Ses électeurs quant à eux ont choisi de courir le risque qu'il incarne, parce que les promesses qu'il porte sont les plus fortes. « Les USA se relèvent de leur ruine », commente pour sa part le Süddeutsche Zeitung. « We shall overcome », l'Amérique démontre qu'elle est capable de murir. 45 ans après le discours de Martin Luther King, Obama peut jeter des ponts sur les gouffres qui séparent les Américains. Il peut redonner confiance en ses capacités et en ses valeurs, à un pays qui avait perdu ses repères au cours de ces dernières années. « Obama a su s'adresser à l'âme de la jeunesse » souligne de son côté le sociologue Klaus Hurrelman dans le Frankfurter Rundschau. Il leur est apparu comme un « esprit libre », loin des apparats et des combines d'appareil. Un profil parlant pour les jeunes qui sont à un age ou d'habitude ils se préoccupent d'abord d'eux même. La quotidien libéral de gauche de Francfort salue par ailleurs la nouvelle Amérique, jeune, moderne, ouverte au monde, dont la vieille Europe a toutes les raisons de se réjouir. Les USA ont repris en quelque sorte l'initiative de l'histoire en plaçant à leur tête un Afro-Américain. "Obamania aux USA", résume le Tageszeitung. Un noir président des Etats unis et plutôt à gauche si l'on suit son parcours. Il faut se pincer pour le croire après un marathon électoral de deux ans, souligne le quotidien alternatif berlinois. Die Welt souligne pour sa part l'ampleur des attentes que placent ses électeurs dans l'enchanteur Obama. Son discours de remerciement tenait presque du religieux. Une nuit des chimères. L'émerveillement dans l'assistance s'accompagnait aussi de cette crainte qu'il ne réponde pas à toutes ces attentes impossibles. "Obama est ils le bon choix pour notre économie et notre bien être" s'interroge le Financial Times Deutschland qui recense huit questions sur lesquelles les relations de Berlin avec le nouvel occupant de la maison blanche vont se jouer: la lutte contre le réchauffement climatique, la régulation des marchés financiers, l' approvisionnement en énergie, le marché des matières premières et alimentaires, le déficit budgétaire, la faiblesse du dollar, la paix et la sécurité dans le monde. Le temps des refus est révolu pour l'Allemagne souligne pour sa part l'hebdomadaire Stern. Berlin va faire face à une pression croissante de Washington pour l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan et ne pourra plus se dérober cette fois. La victoire d'Obama pourrait bien couter la vie à des soldats allemands à l'avenir.------*Il se réjouit aussi Ekiri Obama, le cousin de Barack, qui vit à Berlin depuis 16 ans. Il a le passeport allemand depuis 2001. Leurs grand-pères étaient frères. Mais l'un vivait au Kenya, l'autre en Guinée équatoriale et les deux cousins ne se sont jamais rencontrés. Eriki a seulement aperçu Barack, lors de son voyage à Berlin. Il va lui écrire à la maison Blanche et se réjouit de sa victoire dans le Tagesspiegel et s'étonne de l'attention dont il est l'objet aujourd'hui. "Tout le monde veut m'interviewer, j'ai eu les félicitations du bureau de Madame Merkel, les agences de presse russes et turques prennent contact avec moi". Même les Africains aujourd'hui espèrent qu'il va leur apporter la croissance, mais Barack ne pourra pas transformer le monde du jour au lendemain souligne-t-il.

mardi 4 novembre 2008

SPD, WIESBADEN, LENDEMAIN DE DÉBÂCLE

Lendemain de "meurtre politique" à Wiesbaden, échec pour Andrea Ypilanti, débâcle pour le SPD. Les quatre députés du SPD qui ont lâché lors d'une conférence de presse surprise la candidate de leur parti, Andrea Ypsilanti, à la veille du vote ou elle pouvait être élue ministre présidente du Land de Hesse contre le démocrate chrétien Roland Koch, sont « une chance pour la démocratie » selon die Welt. Ils ont expliqué avec conviction pourquoi ils ne pouvaient pas élire Andrea Ypsilanti à la tête d'un gouvernement régional toléré par le parti « la Gauche » d'Oskar Lafontaine. C'est une question de conscience qui les torturait depuis des mois et qu'ils n'avaient pas pu exprimer ouvertement dans leur parti jusqu'ici, ont-ils affirmé hier. Une explication à laquelle le Tagesspiegel n'accorde guère de crédit « ces messieurs et dames avaient eu tout le temps de peser leur choix, qu'ils l'aient annoncé juste à la dernière minute montre que le SPD en Hesse est dans une situation désastreuse. Ils plongent leur parti dans l'abîme. » En se découvrant au dernier moment, Jürgen Walter, le chef de file de l'aile droite du parti voulait visiblement se venger, tuer politiquement Andrea Ypsilanti, sa concurrente au sein du SPD. Une manoeuvre qui restera d'ailleurs sans lendemain. « Les régicides sont rarement couronnés», souligne le quotidien berlinois.
C'est l'heure de la bande des quatre, titre quant à lui le Berliner Zeitung, qui décrit les panneaux du parti la Gauche, traitant Walter de « menteur » et de « traître », devant l'hôtel Dorin ou les quatre députés contestataires du SPD avaient convoqué leur conférence de presse surprise. Le quotidien berlinois décrit leur prestation « pitoyable » et se demande comment des députés qui ont des années de pratique politique derrière eux peuvent ainsi se retourner au tout dernier moment -à l'exception de l'un d'entre eux, Dagmar Metzger, qui avait annoncé ses intentions depuis des mois. Andrea Ypsilanti s'est montrée incapable de son côté d'intégrer ses opposants dans sa démarche estime quant à lui le quotidien de Hanovre Hannoversche Allgemeine. Au lieu d'attribuer le poste de ministre de l'économie à Jürgen Walter dans le gouvernement régional qu'elle aurait mis en place avec les Verts, elle a désigné Herman Scheer, porte parole de la gauche écologiste au sein du SPD à ce poste. Une provocation pour Walter qui lui a servi en quelque sorte sa revanche lundi. Au sein du SPD en Hesse, la colère et le « dégoût » à l'égard des quatre l'emporte, selon le Frankfurter Rundschau. Plusieurs responsables réclament leur démission, voire leur expulsion du parti et s'estiment floués après des mois de discussions internes et de conférences du parti qui s'étaient conclues par un congrès samedi soutenant le projet d'Andrea Ypsilanti avec 95% des voix.
La CDU triomphe de son côté. Roland Koch souligne l'exemplarité du geste des quatre députés du SPD, rapporte die Welt. L'affaire a bien sûr une dimension qui dépasse largement la Hesse (Francfort, Wiesbaden). Le paysage politique allemand aurait été ébranlée par l'élection d'Ypsilanti avec les voix de la Gauche et des Verts, contre la CDU au parlement du Land. Ce qui aurait constitué une "première" à l'ouest de l'Allemagne. Elle est secouée par le dénouement inattendu, qui marque pour le quotidien économique Handelsblatt « la fin politique » d'Ypsilanti. Les vainqueurs de la journée dramatique d'hier sont « les citoyens de Hesse et l'économie », souligne le quotidien économique. L'action de l'aéroport de Francfort à pris 10% dés l'annonce de la mise en échec du projet SPD et Verts d'Ypsilanti qui envisageait notamment une réduction de son trafic de nuit. Francfort peut respirer, conclu le Handelsblatt. Ypsilanti n'a rien à voir avec la crise des subprimes, mais un gouvernement influencé par les communiste de la Gauche était la dernière chose que pouvaient souhaiter les banques et la bourse pour la réputation de la place financière.
Roland Koch garde pour l'instant son poste de ministre président. De nouvelles élections semblent inévitables.

Résumé-chronique vidéo du feuilleton
de Wiesbaden. Du succès d'Ypsilanti
à la veille de la débâcle (You Tube de)

lundi 3 novembre 2008

Le SPD-Hesse explose en vol** Merkel convoque une conférence de crise** Famille Quandt-BMW en plein scandale

Psychodrame au SPD à Wiesbaden, le projet d'alliance SPD-Verts appuyé par la Gauche à la tête du Land de Hesse explose en plein vol. Quatre députés sociaux démocrates du parlement régional, dont Jürgen Walter, vice président du parti, ont annoncé à 13 heures dans une conférence de presse qu'ils refusaient de voter pour Andrea Ypsilanti, candidate du SPD au poste de ministre-président du Land note le Frankfurter Rundschau. Ils refusent ainsi de cautionner son élection prévue mardi avec les voix du parti la Gauche contre Roland Koch, et rompent avec leur groupe parlementaire, après un congrès du SPD régional qui avait approuvé avec 95% des mandats le projet de l'élection d'Ypsilanti à la tête d'un gouvernement SPD-écologistes, appuyé par le parti la Gauche. Roland Koch, CDU, reste donc ministre-président du Land. C'est la rançon d'une politique sans lendemain, parce qu'elle n'avait pas les moyens de se concrétiser selon le Süddeutsche Zeitung. Le chef de l'aile droite du SPD en Hesse, Jürgen Walter, hostile à toute alliance avec la Gauche, aurait voulu tuer politiquement Andrea Ypsilanti qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Il avait critiqué et rejeté samedi l'accord de gouvernement signé par le SPD et les Verts à Wiesbaden -à la négociation duquel il avait participé en personne. Sa voix aurait été décisive au parlement régional pour l'élection d'Ypsilanti, la majorité se jouant à une voix, et une député du SPD, Dagmar Metzger, avait annoncé depuis des mois qu'elle s'opposerait à toute alliance, même tacite, avec la Gauche. La démarche de Walter aujourd'hui a surpris. Il avait en effet assuré plusieurs fois au cours des dernières semaines qu'il voterait pour Ypsilanti. Les hypothèses sur les causes profondes de son retournement ne manquent pas. Il n'aurait jamais admis en fait d'avoir été supplanté dans le parti par Andrea Ypsilanti, figure symbole de la gauche du parti, souligne le quotidien Schwabische Zeitung. Le poste de ministre de l'économie dans un futur gouvernement SPD et Verts ayant été attribué à un autre que lui, il avait refusé les ministères de l'intérieur, des Transports et de l'Europe que lui proposaient Ypsilanti et aurait décidé de se venger. Au sein du SPD ses adversaires et critiques attribuaient également son attitude à son ego, à ses projets d'avenir, les mauvaises langues soulignant même que son récent mariage avec l'ex porte parole de la CDU en Hesse, auquel Roland Koch était invité d'honneur, ne serait pas étranger à son attitude aujourd'hui (sic!).--------*Angela Merkel convoque un sommet de crise. Après un nouvel appel de la chancelière aux banques afin qu'elles fassent usage du plan de sauvegarde bancaire adopté par la parlement, note le Frankfurter Allgemeine Zeitung, les réponses restent dissonantes. Le chef de la première banque allemande, la Deutsche Bank, s'y refuse à nouveau, la Commerzbank va y faire appel. Les autres hésitent. Un plan de mesures devrait être adopté mercredi par le gouvernement pour soutenir l'activité économique, il "sauverait" 1 million d'emplois, et s'élèverait à 30 milliards d'euros environ. Angela Merkel va convoquer mercredi les dirigeants des syndicats et de l'industrie pour les convaincre de son efficacité, rapporte Spiegel on line. Mais la démarche semble curieuse, après que la chancelière et la CDU se soient prononcés contre toute démarche artificielle de "plan de relance", qui endette l'état et les générations futures. Les critiques soulignent déjà par ailleurs que les mesures envisagées ne suffiront pas à éviter la récession.-------* Famille Quandt-BMW, scandale, sexe, vidéos, et chantage.


La femme la plus riche d'Allemagne, Suzanne Klatten-Quandt, fait la une des médias après s'être laissée entrainer dans un scandale qui a tout du roman policier. Mariée, mère de trois enfants, elle affichait un profil d'héritière modèle. Elle détient avec sa mère et son frère environ la moitié du capital de BMW et contrôle de son côté le groupe chimique Altana (Varta). Mais son amant, rencontré au cour de l'été 2007, était en fait aussi un maitre chanteur et lui a extorqué des millions d'euros après avoir fait filmer discrètement leurs ébats dans les chambres d'hôtel par un complice. L'affaire fait mauvais effet étalée aujourd'hui en une des médias. Pour faire diversion, l'amant-maitre-chanteur aujourd'hui en prison aurait choisi pour se défendre de rappeler le passé de la famille, au temps du nazisme. Il assurerait vouloir venger notamment son grand père, travailleur forcé, souligne Spiegel on line. Le silence des Quandt sur leurs liens avec le régime nazi avait refait irruption l'an dernier, après la parution d'un livre accusateur soulignant qu'ils restent la dernière famille à ne pas avoir fait la lumière sur cette période.

vendredi 31 octobre 2008

Métallurgie premières grèves** Conjoncture, plan contesté** Ypsilant/Koch, bientôt le choc** Sarko, humour** Scandale à la DB** Le courrier traine

Première vague de grève ce soir dans la métallurgie. C'est la fin de la "paix sociale" obligatoire pendant les négociations: les grèves d'avertissement débuteront ce soir dans la métallurgie du sud-ouest de l'Allemagne. Elles devraient s'étendre en début de semaine prochaine, selon Spiegel on line. Les dernières propositions patronales: 0,8% d'augmentation pour novembre et décembre de cette année, 2,1% à partir du 1er janvier 2009, ont été rejetées par le syndicat IG Metall qui les estime "dégueulasses". Elles se traduiraient selon lui par une diminution du salaire réel. Il s'insurge contre la différence de traitement entre les banques auxquelles le gouvernement accorde une caution de 500 milliards d'euros, et les salariés qui doivent toujours se serrer la ceinture. Le syndicat de la métallurgie revendiquait à l'origine jusqu'à 8% d'augmentation de salaire. Son président, Berthold Huber a précisé depuis qu'il ne descendrait pas au dessous de 4%. Le ministre des finances Peer Steinbrück est favorable a une augmentation des salaires.-------*Financement du plan de relance contesté au sein de la grande coalition. Le paquet de mesures estimé entre 25 et 30 milliards d'euros qui doit soutenir la conjoncture sera adopté par le gouvernement la semaine prochaine. Il risque d'accroitre la dette de l'état et mettra en cause l'objectif de l'équilibre budgétaire en 2011, comme l'admet le ministère des finances, signale le Frankfurter Allgemeine zeitung. Volker Kauder, chef du groupe parlementaire démocrate chrétien au Bundestag, met en garde le gouvernement contre tout dérapage budgétaire que paient les générations suivantes. Il propose de maintenir l'objectif de l'équilibre du budget, reporté à 2013. Christian Wullf le dauphin de Merkel souligne que les Länder ou le Bund, la fédération, n'ont pas les moyens de s'endetter de 25 milliards en plus pour soutenir l'activité économique. Il propose d'envisager des mesures moins couteuses pour les finances publiques, souligne le quotidien populaire Bild--------*Le choc Ypsilanti/Koch se prépare à Wiesbaden. Le dénouement du "drame" politique de la Hesse né au lendemain des élections régionales du 27 janvier dernier et suivi quasi quotidiennement depuis par les médias aura lieu mardi. La candidate du SPD au poste de ministre président du Land, Andrea Ypsilanti, alliée avec les Verts, semble avoir ramené le calme dans son camp au lendemain des vives critiques de son dauphin et concurrent, le porte parole de l'aile droite du parti, Jürgen Walter. Elle a de fortes chances de l'emporter, même d'une seule voix, grâce aux suffrages du parti la Gauche. Elle détrônerait alors le "mammouth" de la CDU qu'est le ministre président en fonction, Roland Koch. Mais ce sera très limite. Une députée du groupe SPD, Dagmar Metzger refuse toujours de gouverner avec l'aide de "la Gauche". La CDU envisagerait quant à elle de boycotter le vote afin d'éviter tout règlement de compte d'un de ses membres contre le ministre président Koch, note die Welt. Si Ypsilanti est finalement élue, ce sera un vrai tsunami politique sur la scène politique (et médiatique) allemande, renversant les dernières barrières établies contre "la Gauche", le parti d'Oskar Lafontaine à l'ouest.-------*Sarko, roi du Bling, Bling, apprécie-t-il l'humour? C'est la question que se pose aujourd'hui le Frankfurter Rundschau, qui s'interroge sur les réactions possible de Sarkozy vis à vis du "clip qui déchire" et le caricature en chanteur de rap, boss au cigare phallique. "La France rigole en regardant une vidéo Internet". Mais pas de réaction de l'Élysée pour l'instant, signale le quotidien libéral de gauche de Francfort, qui reproduit la vidéo You Tube sur son site et signale la plainte du président français contre la poupée vaudoue à son effigie, rejetée par la justice. Mais le clip qui déchire sert peut être à Sarkozy pour sa propre image, poursuit le "FR", le président ne déclare-t-il pas au début du spot: "j'en ai marre des vieux discours, il me faut du neuf."


Le clip qui déchire (you tube)

-------*Scandale à propos des revenus et des Bonis des managers de la Deutsche Bahn Les chemins de fer allemand doivent toujours être privatisés et cotés en bourse à partir de l'an prochain. Mais les bonis et autres bénéfices tirés des rémunérations en action qu'encaisseront leurs dirigeants alors, seraient également agrémentés de hausses de salaires conséquentes pour l'ensemble de la direction. Le directeur de la DB, Hartmut Mehdorn, verrait ainsi son salaire passer de 700 000 à 900 000 euros, ses "à côtés" de 3 à 3,5 millions d'euros, selon le Berliner Zeitung. Le tout fait très mauvais effet dans le contexte actuel, et le ministre des transports social-démocrate, Wolfgang Tiefensee, a démissionné son secrétaire d'état qui avait voté pour les Boni au conseil de surveillance de la DB raconte le Süddeutsche Zeitung.-------*Le facteur se fait attendre et le courrier traine. Les deux quotidiens berlinois le Tagesspiegel et le Berliner Zeitung ont entrepris d'enquêter sur les retards et déboires du courrier. Certaines lettres n'arrivent jamais. D'autres mettent quatre ou cinq jour pour parvenir au destinataire, même si elles vont simplement d'un quartier de Berlin à l'autre...bureau des réclamations ouvert.

jeudi 30 octobre 2008

Chômage au plus bas depuis 16 ans** Les consommateurs gardent le moral** 25 milliards pour la conjoncture** Steinbrück veut fouetter Zürich** Turkiyemsport s'emporte

Le chômage continue de décroitre. L'office du travail annonce 2.997.000 chômeurs en octobre, un taux de 7,2%, le chiffre le plus faible enregistré depuis 16 ans. Il s'est encore réduit de 80000 environ par rapport au mois de septembre dernier. Et le mois de septembre 2007 affichait encore 437000 chômeurs de plus qu'en 2008, note le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais l'avenir serait plutôt sombre estime die Welt qui titre sur "le calme avant la tempête". La crise financière ne se répercute pas encore sur le marché du travail -notamment en raison des délais de protection contre les licenciements. Mais ses effets et ceux des réductions d'emplois dans les branches industrielles se feront sentir en 2009, au plus tard au second semestre. Les pronostics varient alors de 40000 à 400000 suppressions de postes selon l'importance de la stagnation ou de la récession. Et les pronostics même n'ont rien de sûr.-------*Les consommateurs ont toujours le moral estime pour sa part le GfK (groupe mondial spécialisé dans l'observation des marchés). La consommation devrait être soutenue en 2009, rapporte die Welt. Le chômage ne remontera pas de toute façon aux niveaux d'avant 2005, les mesures financières pour la stabilisation des marchés seront effectives, la baisse du cout de l'énergie, et la baisse de l'euro devraient créer un environnement favorable. La tendance croissante à l'épargne des ménages pourrait cependant faire de dégâts dans l'automobile et chez les distributeurs d'équipements ménagers.--------*25 milliards pour soutenir la conjoncture. Les mesures que devrait annoncer le gouvernement en début de semaine prochaine pour "soutenir la conjoncture" viseraient entre autres l'automobile, sévèrement menacée par la récession. Tous les constructeurs ont déjà réduit voire stoppé leurs productions. La taxe annuelle sur les véhicules (Kfz) serait suspendue pour les voitures neuves "propres", pendant deux ans, en 2009 et 2010, afin d'inciter les ménages à l'achat, souligne Spiegel on line. Les travaux d'équipements, de réfection des bâtiments scolaires, les projets d'expansion des réseaux de transports routiers, vont être accélérés et soutenus. Les réductions d'impôts seraient minimes. Des mesures de soutien à l'emploi devraient également faire partie du paquet d'aide qui se chiffrerait à 25 milliards d'euros. Du côté des chambres de commerce et d'industrie on souligne qu'il n'y a pas pour l'instant d'étranglement du crédit pour les entreprises. Ce n'est pas une récession qui menace en 2009, mais un simple "refroidissement de la conjoncture". Le Frankfurter Allgemeine Zeitung souligne pour sa part que les mesures envisagées par le gouvernement ne sont pas, heureusement, un plan de relance financé par les contribuables, mais plutôt de la poudre aux yeux. Les effets en seront par définition limités.---------*La rage de Peer-Peitsche, "Peer le fouet" contre Zürich. Les attaques réitérées du ministre des finances Peer Steinbrück, contre la Suisse dont il veut obtenir la levée des secrets bancaires avec "le fouet" après avoir utilisé "les sucreries" commencent à inquiéter à Berlin, note Spiegel on line. Les relations économiques des deux pays sont importantes pour l'Allemagne, la Suisse est le premier pays étranger ou les salariés et cadres allemands recherchent un emploi. Les attaques de Peer Steinbrück paraissent donc pour le moins maladroites. Il menaçait lundi à la télévision de prendre des mesures économiques de rétorsions contre Zürich.

Steinbrück chez Beckman (you tube)

Pourquoi tant de hargne? On sait que même avec ses collègues du PS, Steinbrück sait être brutal. Mais avec ses attaques anti-suisse il a renforcé chez les voisins le nationalisme, réveillé le sentiment anti-allemand et les réflexes de défense du secret bancaire. Le ministre des finances d'Angela Merkel devrait savoir par ailleurs que la Suisse n'est pas le Liechtenstein, a réformé sa place financière et coopère avec les autorités allemandes sur les dossiers sensibles, note l'hebdomadaire de Hambourg.

Mathias Richling caricature "Dagobert Steinbrück"


--------*Turkiyemsport s'emporte contre le racisme et les promesses sans lendemain des politiques. L'équipe de foot constituée au départ de jeunes immigrés turcs, née à Berlin-Kreuzberg il y a trente ans, est souvent citée comme un modèle d'intégration en Allemagne. Mais son président Celal Bingöl, s'insurge contre les conditions dans lesquelles l'équipe doit encore s'entrainer, sans qu'elle n'ait de stade fixe à disposition. Du racisme latent selon Bingöl qui ne veut plus entendre de promesses et menace de démissionner si rien ne change, rapporte le Tagespiegel.

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Bonjour




A côté des temps forts de l'actualité politique et sociale, vous trouverez dans ma revue de presse des sujets « à côté », ou supposés "mineurs", qui passent rarement le filtre des frontières géo-médiatiques.

Les références renvoient aux articles des journaux cités.