Le gouvernement Merkel aux prises avec le nucléaire
vendredi 15 janvier 2010 à 14:34 - permalien #533
Elles sont partie constituante de la re-définition de la politique globale des ressources énergétiques du gouvernement Merkel. La chancelière a confirmé la perspective de prolonger la durée d'activité des centrales et s'est donné jusqu'au mois d'octobre pour en définir les conditions.
Elle a laissé ouverte la question de savoir si le réacteur de Neckarsheim 1 (Bad Würtemberg) qui devrait être le premier ...
Les présidents des groupes énergétiques Eon, RWE,Vatenfall et EnBW sont conviés le 21 janvier à une rencontre à la chancellerie, à laquelle participeront de hauts responsables du gouvernement, indique Roland Pofalla, qui dirige les services de la chancelière. Le ministre de l'environnement du Land de Bavières, Markus Soder, a revendiqué de son côté la participation des Länder aux négociations sur le prolongement des centrales.
Les autorités fédérales de surveillance des déchets nucléaires (BFS) ont décidé de recommander l'évacuation des 126000 barils de déchets qui ont été entreposés depuis 1967 dans la mine de sel de Asse, en Basse-Saxe. La BFS reconnait que ces travaux seront d'autant plus délicats en raison de l'absence de connaissance précise de l'état des déchets accumulés, certains containers ayant été depuis "emmagasinés" par le sel, souligne le Frankfurter Rundschau. Toutes les mesures devront être prises en parallèles pour la stabilisation des galeries de la mine. Le chantier d'évacuation durerait une dizaine d'années et coutera 2,5 milliards d'euros. Mais les infiltrations régulière dans la mine de Asse II sont telles qu'au delà de 2020 elle ne sera plus exploitable.
L'évacuation des déchets est la seule méthode qui permette de s'entourer des conditions de sécurité à long terme indispensables dans l'état des connaissances actuelles, estime le BFS. d'autres solutions telles que l'inondation totale de la mine avec des produits appropriés seraient plus pratiques à réaliser et moins couteuses, mais elles sont incertaines à long terme en ce qui concerne les conséquences sur l'environnement. Les déchets d'Asse II seraient transportés à la mine de Konrad, tout proche.
La ministre de la recherche et de la formation, Annette Schavan (CDU) a reconnu devant la commission d'enquête sur l'exploitation de la mine d'Asse que le dépôt de 126000 barils de 1967 à 1978 n'était pas indispensable. "La recherche n'en exigeait pas tant". Mais aucune limite n'avait été imposée rapporte le Tageszeitung.
Elle a reconnu également que l'entreprise "Helmholtz", à laquelle avait été déléguée l'exploitation de la mine n'avait pas les compétences nécessaires pour mener à bien les travaux de cessation d'exploitation, face aux infiltrations et à la dégradation de la stabilité des galeries.
Le gouvernement Merkel est par ailleurs gêné par les révélations de l'enquête menée sur le choix de Gorleben, le futur (?) site de stockage officiel des déchets des centrales qui sont rapatriés en Allemagne après retraitement à la Hague notamment. La décision fut prise il y a une trentaine d'années à l'encontre de l'avis des géologues, par le gouvernement démocrate-chrétien de Basse-Saxe, selon les protocoles de réunion de l'époque, note Die Welt. Celui-ci envisageait également la construction d'un centre de retraitement, et espérait également du développement d'un site nucléaire, un effet bénéfique sur l'emploi.
L'équipe de géologues mise en place à l'époque sous la direction du professeur Gerd Lüttig mena des investigations sur des centaines de sites dans l'ensemble de l'Allemagne fédérale, sans que Gorleben ne paraisse particulièrement approprié. Le site ne recueillait alors que 32 points sur 266 dans le tableau des qualités nécessaires à un centre de stockage.
Le ministre président de Basse Saxe, Ernst Albrecht (CDU), n'en imposa pas moins Gorleben, contre les voeux du chancelier de l'époque Helmut Schmidt (SPD), qui craignait des conséquences négatives d'un tel choix sur les liens avec l'ex RDA dont la frontière était proche. Selon Lüttig, Albrecht voulait justement répliquer ainsi au centre de stockage nucléaire mis en place à la frontière justement, à Morsleben, par les autorités est-allemande. Un centre, lui aussi en mauvais état aujourd'hui, selon les écologistes.

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