La Grèce, la Californie de la zone euro | Une loi pour acheter l'illégalité |
mercredi 3 février 2010 à 13:24 - permalien #547
Les ministres des finances européens eux ne proposent rien de neuf. Le commissaire Almunia assure qu'il va renforcer la surveillance vis à vis d'Athènes -ce qui n'a rien donné depuis des années. Le ministre des finances allemand assure que la Grèce est seule responsable, comme si sa faillite éventuelle n'aurait aucune conséquence sur les autres états européens.
Papandréou promet de réduire au trois quart son déficit budgétaire.
Il faudra ensuite réduire les inégalités entre les pays de la zone. Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens comme le dit Wolfgang Schäuble. Les autres pays de la zone doivent réduire eux aussi leur déficit. Mais l'Allemagne elle même est un obstacle sur cette voie. Elle vit « au dessous de ses moyens » en ne répercutant pas ses gains de productivité sur les salaires, et en les utilisant uniquement pour exporter moins cher.
Elle réalise ainsi les surplus de sa balance commerciale qui sont des déficit pour ses partenaires commerciaux. Ceux-ci ne peuvent pas les compenser dans la zone euro en dévalorisant leur monnaie. Et s'ils pratiquaient également une politique de salaire dumping à l'allemande et de course à l'exportation, ce ne serait pas non plus la solution commune pour l'Europe.
Les régents de l'euro sont en fait face à leur propre mensonge. Ils ne peuvent pas conduire une zone monétaire commune sans politique économique coordonnée. Le gouvernement de la zone euro est inévitable à terme, quel que soit son nom.
Athènes va sentir la poigne de fer de l'Union, selon un document dont le Berliner Zeitung révèle les grands traits. Les citoyens grecs doivent s'attendre à un surcroit de charges. La commission exige qu'Athènes réduise de quatre points sont déficit budgétaire, à 8,7%, cette année. Il devrait être réduite de 4 points également en 2011 et de 2,5 en 2012.
Pour cela la Grèce doit notamment réformer de fond en comble ses services publics et son système fiscal , lutter contre le travail noir, allonger la durée du travail, réformer son système de santé et de retraites.
La commission y veillera tout particulièrement et prend de fait la politique budgétaire grecque "sous tutelle". Il faut une certaine dose d'auto-persuasion pour penser que le gouvernement Pandreou sera capable d'imposer une telle politique. Faute d'avoir tardé les sacrifices vont être énormes pour les citoyens. Les fonctionnaires ont déjà appelé à la grève, la pilule ne passera pas facilement.
*L'achat de donnée confidentiel, est-il légal ou pas? Les débats font toujours rage autour de l'achat éventuel par les autorités d'un CD contenant des données bancaires dérobées, qui permettraient d'identifier les délinquants fiscaux qui abritent leur fortune sur des comptes bancaires suisse. Il faut une loi qui réglemente les achats de données illégales pour lutter contre la délinquance fiscale estime le Tageszeitung, pour se protéger vis à vis des états comme la Suisse, le Liechtenstein ou le Luxembourg, refuges des criminels de l'impôt.
On peut certes passer par l'intermédiaire des services secrets, le BND, autorisé par essence à pratiquer un tel échange de renseignements. Mais un état de droit peut se passer de tels « trucs ». Il existe bien une loi pour réglementer les remises de peine des témoins qui collaborent. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung craint lui une érosion croissante des fondements de l'état de droit et dénonce l'engrenage infernal des mesures d'épargne et de réduction du personnel dans la justice et la police, qui sont compensées par l'achat de données illégales pour pallier ainsi au manque d'effectifs des autorités de l'état.
Dans certains cas cette démarche peut être certes justifiée par les bienfaits qu'en retire la communauté mais si cette démarche faisait système on pourrait voir bientôt les aides médicales "vendre" les irrégularités d'honoraires des médecins pour lesquels elles travaillent.
L'achat des données confidentielles partage la coalition, souligne le Frankfurter Rundschau. Des responsables de a CDU et du FDP, s'opposent à la décision d'Angela Merkel d'avoir accès aux données confidentielles. Mais sa décision est-elle significative de son pouvoir? N'est elle pas déjà tenue par les décisions des tribunaux qui ont fait usage de telles données secrètes en 2008, en entamant les procédures contre les délinquants fiscaux qui abritaient leur épargne sur des comptes secrets au Liechtenstein.
L'affaire divise aussi le Bild Zeitung. L'état ne doit pas briser le droit, assène Mathias Döpfner, président d'Axel Springer Ag, propriétaire du Bild. « Le gouvernement va acheter pour la seconde fois des données volées. Bild trouve ça bien depuis deux jours. Je trouve ça mal et dangereux. Le vol de données est un délit qui doit normalement être sanctionné. On le récompense au contraire avec des millions. Et beaucoup vont croire qu'il est plus lucratif de voler les données de la banque que de travailler à son guichet. Que les intentions du gouvernement soient bonnes ne change rien.
L'état doit être un modèle et ce qu'il fait ressemble à des parents qui interdisent la drogue à leurs enfants et fument un joint chaque soir.

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